Il y a trente ans : 1978...

/ Article - écrit par krinein, le 18/04/2008

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En 1978, peu de rédacteurs de Krinein avaient déjà foulé le sol du monde. Et ceux qui l'avaient fait n'étaient pas en âge de baffrer des films de zombie ni d'apprécier la lecture de Sébastien Japrisot. Pourtant, la mémoire collective aidant, on vous retrace l'historique forcément incomplet et subjectif de ce qui s'est passé culturellement cette année-là : ...

Cinéma

Panique sur les plages : le requin en caoutchouc le plus effrayant de l'Histoire est de retour. Les Dents de la Mer 2 risquant de faire se gondoler la France entière, c'est affublé d'un plus pudique Deuxième Partie que nous arrive cette distrayante suite concoctée par Jeannot Szwarc. Mais hélas, l'Hexagone ne de distingue pas que par ses traductions fleuries. Prévue à l'origine pour endiguer la pénétration (héhé) du porno, une loi de 1975 donne un coup de gourdin terrible à toutes les
productions trop dénudées ou trop violentes, condamnées dans le pire des cas à porter le X qui les cantonneront aux salles spécialisées et donc, à la faillite. Une fillette assassinée à boût portant n'étant pas montrable, Assaut de John Carpenter, tourné en 76, mettra deux ans à trouver le chemin des salles du Vieux Continent, avec pour passeport un -18 ans bien senti. Moins chanceux, Zombie sort cette année là et traverse l'Atlantique pour se faire accueillir par un X. La France se trouve donc plus ou moins privée du chef d’œuvre de Romero. Cela dit, les plus routards avaient toujours la possibilité de le voir en Italie...Italie où le plutôt prude Sergio Martino s'encanaille avec La Montagne du Dieu Cannibale et ses indigènes zoophiles, agréable avant-goût des futurs excès transalpins. Loin de ces considérations ethnologiques, John Travolta enfile son col pelle à tarte et tente le grand écart sur fond de Bee Gees dans le culte La Fièvre du Samedi Soir, le film emblématique des années disco, mais pas que, dont les paillettes ne sont pas sans camoufler une certaine noirceur. Ne pouvant rivaliser avec le pantalon moulant, Thierry Lhermitte, pour sa part, ose le slip kangourou dans Les Bronzés, avec moins de classe mais autant de succès. A croire qu'en 78, entre ces morts vivants, ces requins, ces politiciens frileux, ces agressions sonores et ces vacanciers râleurs, on n'était bien que chez soi. Tout du moins, jusqu'aux limites du potager, qui outre quelques navets, contenait quelques voraces tomates tueuses...

Musique


En 1978, Kate Bush débute sur les chapeaux de roues en sortant pas moins de deux albums : The Kick Inside et Lionheart ! Les Who se demandent Who Are You? pour la dernière fois (Keith Moon meurt d'une overdose le 7 septembre 1978), alors que les rues sont à la mode dans les titres d'albums : Street Legal est le nouvel effort de Bob Dylan, et Street Hassle celui de Lou Reed. Pendant ce temps, Matthew Bellamy, futur leader de Muse, est quant à lui fort occupé à voir le jour et à pousser ses premiers cris.
D'un point de vue hexagonal, Jean-Michel Jarre se fend d'une Equinoxe, et Claude François meurt.

Médias

Pendant que Chapeau Melon et Bottes de Cuir voit ses dernières heures diffusées en France, l'Incroyable Hulk entame sa première saison Outre-Atlantique ; elle sera diffusée en France deux ans plus tard, avant d'être suivie de quatre autres saisons et de trois téléfilms. 1978 voit aussi la diffusion en France du feuilleton Racines.

BD

En France, tandis que Maurice Tillieux meurt (le 2 février) et que Riad Sattouf naît (le 5 mai), les classiques de la bande dessinée se la coulent douce : pas de Lucky
Luke, pas d'Astérix, pas de Spirou et Fantasio... Cependant, Yoko Tsuno sort un nouvel album, appelé Les Titans, et Les Tuniques bleues, déjà intarissables, atteignent leur treizième album en 6 ans : Les bleus dans la gadoue. Heureusement, du côté de la bande dessinée plus adulte, Gotlib sort son troisième et dernier tome de Rhââ Lovely, recueil d'histoires parues dans L'écho des Savanes et Fluide Glacial. Sauveur de l'année, il sort également le sixième tome de Gai-Luron, intitulé Ce héros au sourire si doux.
Aux USA, 1978 voit la naissance de deux oeuvres marquantes mais dissemblables : A contract with God de Will Eisner, chef d'oeuvre du roman graphique qui sera publié en France en 1982, et Garfield, strip comique félin de Jim Davis qui reste incroyablement populaire aujourd'hui...

Manga

Edgar de la Cambriole, l'arrière-petit-fils de Arsène Lupin a droit a son premier long-métrage : Le secret de Mamo. Osamu Tezuka commence à la fois la série Shumari et la plus enfantine Unico, la petite licorne.

Livres


1978 est une année Stephen King. Entre Danse macabre et Le Fléau, les fans du monsieur auront été servis. Pendant ce temps, Anthony Burgess s'inspire du 1984 d'Orwell pour écrire son 1985, qui est constitué d'une réflexion sur 1984 ainsi que d'un récit d'anticipation basé sur le même principe que son illustre prédécesseur. Zelazny, quant à lui, signe le cinquième tome du cycle des Princes d'ambre.
En France, Cavanna publie Les Ritals, récit vivant et coloré de la France des immigrés italiens des années trente, Pierre Magnan fait couler le Sang des Atrides, et Sébastien Japrisot, pas encore auteur de Un long dimanche de fiançailles (cf la critique du film), donne naissance à L'Eté meurtrier.


Au mois de mai, commémoration oblige, on vous évoquera 1968 !

Il y a dix ans : 1998
Il y a vingt ans : 1988

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