Il y a trente ans : 1979...

/ Article - écrit par krinein, le 26/06/2009

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Bien entendu, 1979 est avant tout l'année où Margaret Thatcher est devenue premier ministre en Angleterre. Mais en France, comment se divertissait-on ?...

Cinéma

L'année s'ouvre sur le Superman de Richard Donner, une science-fiction exaltante qui ne prépare les spectateurs à la terreur d'Alien, qui sortira en septembre. Deux semaines après le film de Ridley Scott, Coppola propose une autre plongée en enfer appelée Apocalypse Now ; le Vietnam est à l'heure du jour, puisqu'en mars sortait Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino. David Lynch sort
confidentiellement son premier long métrage Eraserhead, John Carpenter se fait un nom avec son imparable Halloween, et Wes Craven se fait le sien avec La colline a des yeux, et Brian De Palma rappelle le sien avec Furie. Dans la série B plus underground, on note la sortie du Continent des hommes-poissons. Woody Allen, dix ans après ses débuts de réalisateur, sort le contemplatif Manhattan fait de noir et blanc auteurisant et de musique signée Gershwin. Du côté des Français, Truffaut fait dans la bluette avec L'amour en fuite tandis que Bertrand Blier opte pour l'humour noir à l'absurdité anglo-saxonne dans Buffet froid ; les membres du Splendid rééditent leur succès de l'année précédente avec l'hivernal Les bronzés font du ski. Clint Eastwood est doublement présent, avec la comédie Doux, dur et dingue puis l'excellent Evadé d'Alcatraz de Don Siegel (qui se voit remaké par Philip Kaufman avec L'invasion des profanateurs en février). James Bond, quant à lui, surfe sur la vague Star Wars sous les traits de Roger Moore dans le curieux Moonraker.

Bandes dessinées

La génération issue de Pilote prospère désormais dans ses propres eaux : Gotlib
sort son quatrième Rhâ (le premier -gnagna après trois -lovely) en solo et Dans la joie jusqu'au cou avec Alexis, Claire Bretécher publie à compte d'auteur le quatrième tome des frustrés, Charlie Schlingo débloque dans Havanies primesautières, Daniel Goossens sort Le messie est revenu aux éditions Fluide Glacial... Jean-Pierre Dionnet et Enki Bilal, en pleine période Métal Hurlant, créent Exterminateur 17. Du côté des BD plus traditionnelles, Yoko Tsuno a deux coudées d'avance sur Natacha, puisque la première en est au tome 9 (La fille du vent) et la deuxième au tome 7 (L'hôtesse et Monna Lisa) ; quant à Clifton, il voit paraître son troisième tome depuis sa reprise par Turk et de Groot. En ce qui concerne les comics, la France commence tout juste à rattraper son retard : Strange publie les toutes premières aventures de Hulk (1962), alors que le lectorat américain découvre la lutte de Tony Stark / Iron Man contre l'alcool dans l'arc Le diable en bouteille.

Musique

Si nous vous disions que l'année 1979 a été une année très importante dans la musique, nous croiriez-vous ? La fin des années 70 est une période charnière de la musique où les hymnes dansants du disco atteignent des sommets, tandis que le fracas du punk s'attaque aux bases de la musique commerciale. C'est ainsi qu'en France sévissent (et malheureusement sévissent toujours) les hymnes disco-kitsch, mais le disco peut-il être autre chose que kitsch ?, In the navy, Born to be alive, I will survive, Gimme ! Gimme ! Gimme !, Laissez-moi danser ou encore Le freak.
C'est bien évidemment beaucoup trop pour qu'on puisse excuser les auteurs de ces horreurs. D'ailleurs ce n'est pas pour rien que Sid Vicious se suicide en 1979. Devant tant d'ignominies, même la sortie de London Calling de The Clash ne peut empêcher le bassiste des Sex Pistols de s'injecter un peu trop d'héroïne dans les veines. C'est d'ailleurs une grande année pour les paroles coup de poing : Trust sort son premier disque, Gainsbourg choque avec une reprise de la Marseillaise sur Aux armes et caetera, et les voix de Pink Floyd nous assènent « We don't need no education. We don't need to tough control. No dark sarcasm in the classroom. Teachers ! Leave them kids alone ! » dans l'un des albums essentiels du groupe, The Wall. Hasard étonnant, si Pink Floyd construit un mur, Michael Jackson s'en échappe avec Off the wall, premier album pour le King of pop, de longues années avant qu'il ne s'enferme dans les murs de son Neverland et trente ans pile avant sa mort.

Mais ces murs ne sont plus rien pour Renaud, l'ex-artiste engagé se mue en rockoeur tendre avec la Chanson pour Pierrot et Ma gonzesse qui donne son titre à l'album : deux titres propres à émouvoir les coeurs qui ne sont pas de roc. En parlant de gonzesse, 1979 est aussi l'année de la femme. Certainement pas pour l'aspirateur qui orne Three Imaginary Boys, l'album de The Cure, mais plus pour
Christophe qui crie, qui crie Aline pour qu'elle revienne, qui pleure, qui pleure, ô il a tant de peine, Chantal Goya qui nous parle de sa cousine Bécassine. Et quand il y a des femmes, il y a forcément de l'amour : le plus beau des moustachus français (avant d'être détrôné par José Bové), Francis Cabrel nous chante Je l'aime à mourir, Kiss nous hurle I was made for loving you suggérant des plaisirs inconnus que nous expose Joy Division avec son premier album, Unknown pleasures.
En 1979, c'est finalement tout un monde qui change, la vidéo a tué les stars de la radio (Video killed the radio star de The Buggles) et l'opéra rock est à la mode, à l'étranger avec The Wall comme en France avec Starmania avec une figuration à faire rougir les comédies musicales d'aujourd'hui.
1979, une véritable autoroute pour le ciel, comme le disent si bien ceux qu'on surnomme aujourd'hui les papys du rock. Un titre que n'aura jamais Téléphone malgré la sortie de La bombe humaine qui, comme les titres cités plus haut, sont finalement terriblement présents dans notre univers musical... plus de 30 ans après !

Livres


Il s'est passé énormément de choses en littérature au cours de l'année 1979. Mais de façon purement arbitraire, on n'en retiendra que deux : la mort de Joseph Kessel et la première publication en France de L'histoire sans fin.

Médias

En 1979, à la télévision, on regardait déjà : Starsky et Hutch, La petite maison dans la prairie, Le Muppet Show, Happy Days, Wonder Woman, Drôles de dames et Hawaï police d'état. En revanche, on découvrait tout juste L'île fantastique et Le retour du Saint (dont le souvenir s'effaça bien plus vite que celui de la période Roger Moore).

 

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