Ari, la salvatrice de l'univers - Tome 1 - De l'enfant à la femme

Critique par Rick J. - le 26/09/2006 couverture de la bd Ari, la salvatrice de l'univers - Tome 1 - De l'enfant à la femme
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La collection Zenda est la branche de Glénat chargée de traduire et publier des oeuvres étrangères. Ainsi, Ari nous vient d'Espagne, publié là bas en 2004 il s'agit donc d'une sortie une peu tardive. Et à la lecture de ce premier volume un constat s'impose : ça ne nous aurait pas dérangé d'attendre un peu plus longtemps, voire même beaucoup plus longtemps.

Dans un futur qu'on espère très lointain l'univers est divisé en deux factions ennemies dirigées par des multinationales de soda. D'un côté C-Coke et son régime ultra-capitaliste, de l'autre P-Soda et ses hordes de hippies gaucho-écolos. Nous suivons les péripéties d'Ariadana (Ari), originairement tueuse à gage pour le compte de C-Coke qui se révélera être l'élue de la prophétie destinée à sauver l'univers.


Bâtard est ce qui caractérise le mieux le scénario d'Ari. Tout au long des 48 pénibles pages qui composent l'album, on ne sait pas sur quel pied danser. Est-ce une histoire réaliste qui ne se prend pas au sérieux ou une vulgaire farce ? Visiblement les auteurs n'ont pas su choisir et les scènes supposées sérieuses s'enchaînent sur des débilités sans nom. Si bien traitée, la trame aurait pu convenir à l'un des deux genres, ici elle n'accouche que d'un lamentable gâchis. Et ce n'est pas les allusions sexuelles omniprésentes qui vont sauver l'histoire du naufrage, bien au contraire. Mais qu'en est-il de la partie graphique ?
Car à la vue de la couverture on pouvait espérer se rattraper sur le dessin, tendance néo-manga commercial pour appâter le teen pubère. Hélas, les pages sont désespérément vides : peu de détails, décors minimalistes et sans imagination. Les personnages qui n'ont déjà pas de personnalité se retrouvent affligés d'une absence totale de charisme, renforçant le fait qu'on se fiche pas mal de ce qui leur arrive. Tout ceci noyé dans un flot d'effets photoshop tape à l'oeil déjà ringards censés combler le néant graphique, en vain. Sans compter le découpage indigent au petit bonheur la chance, censé prouver un héritage comics/manga, et qui au final ne démontre qu'une fois de plus, si besoin était, que les auteurs n'ont absolument aucune idée de ce qu'ils font.


Au final on se retrouve avec une légère nausée due à l'overdose de mauvais goût visuel à suivre péniblement une histoire qui part dans tous les sens et qui paradoxalement n'avance pas beaucoup. Et quand on sait tous les bijoux étrangers qui supplient d'être publiés, ça fait mal au coeur pour eux.


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