Les Contes de Mortepierre : Florie - Tome 2 - La nuit des chauves-souris

Critique par iscarioth - le 07/08/2006 couverture de la bd Les Contes de Mortepierre : Florie - Tome 2 - La nuit des chauves-souris
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Mortepierre reprend de la noirceur
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Après un tome cinq de Mortepierre qui s'est très largement échoué, Florie ne semble plus pouvoir compter que sur sa jeunesse pour continuer d'alimenter les librairies de ses aventures. Après un premier tome des Contes de Mortepierre sorti en 2004, Brice Tarvel et Christian Verhaeghe réembrayent sur un second, qui sort en cette période estivale.

Les sources de Mortepierre étaient ce qu'on pouvait appeler « l'horreur gore ». En remontant aux sources de Mortepierre, Tarvel nous avait dévoilé un monde beaucoup plus égayé, moins ténébreux, ensoleillé et à peine ésotérique. La nuit des chauves-souris, sans revenir totalement aux sources, amorce un rapprochement avec ce qu'a été Mortepierre dans ses premières heures. Le discours sur la démonologie et la sorcellerie se fait plus insistant, et l'on assiste à des scènes plus crues, notamment celle du coup porté peu chevaleresque, page 36.

Ce deuxième volet raconte l'arrivée à Mortepierre d'un groupe de pillards, d'un vieux templier et d'un guerrier écossais, aux méthodes forts différentes mais tous les trois animés par l'envie de retrouver la trace d'une relique chrétienne, la croix sur laquelle aurait été crucifié le Christ. On reconnaît toujours le scénario signé Brice Tarvel. Les dialogues sont riches en vocabulaire ancien, et l'album est assez prolixe en paroles, demandant plus de temps à être parcouru qu'une bande dessinée habituelle. Malgré des dialogues toujours importants, Brice Tarvel s'est affranchi de ses problèmes de structure et ses travaux ne souffrent plus de surpoids.

La jeunesse de Florie, Garin et Bérengère passionne toujours assez peu, mais le nouveau personnage de passage, le highlander Nigel, soutient à lui seul un grand intérêt, faisant sourire avec ses « Goddam » et autres « By god » très « Black-et-Mortimeriens ». Le dessin de Verhaeghe est toujours aussi fin et agréable à parcourir. Le dessinateur semble hésiter entre le réalisme (page 12) et la caricature (page 30), notamment pour donner vie au personnage de l'écossais. Pour ce qui est des décors, pas de tergiversations, les rendus sont toujours aussi impressionnants (voir l'aqueduc page 3 et le plan sur Notre-dame, page 30). Le dessin de Verhaeghe continue de faire bon mariage avec les couleurs du très expérimenté Yves Lencot.

Ce deuxième tome des Contes de Mortepierre passionne plus que le premier. La série s'illustre bien dans le domaine de l'aventure fantastique, Tarvel et Verhaeghe réalisant tous deux un travail soigné. Les contes de Mortepierre auront-ils pour autant la chance de trouver leur public ?


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