Inju

Critique par riffhifi - le 01/10/2008 couverture de la bd Inju
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Le 4 septembre, l'insaisissable réalisateur Barbet Schroeder sortait au cinéma Inju, la bête dans l'ombre, un polar franco-japonais qui déroutait la critique et le public après son documentaire L'avocat de la terreur consacré à Jacques Vergès. On se souvient portant des incursions du bonhomme dans le thriller avec des films aussi différents (et inégaux) que Kiss of death (1995), L'enjeu (1998) ou Calculs meurtriers (2002). Le film est-il raté, ou simplement étonnant ? Et si on s'abstenait d'aller le voir, pour le découvrir via la bande dessinée officielle éditée par Du film à la BD
Du film à la BD
Carabas ? Moui, pas forcément l'idée du siècle...

Difficile d'attribuer une paternité à l'album en lui-même. Le roman d'origine, daté de 1928, est signé Edogawa Rampo. Le scénario du film est de Barbet Schroeder, Jean-Armand Bougrelle et Frédérique Henri. L'adaptation en bande dessinée est créditée à Jean-Michel Ponzio, et les deux interprètes principaux sont annoncés comme étant Benoît Magimel et Lika Minamoto. De fait, on peut dire que les acteurs du film sont réellement les protagonistes de l'album, tant le photoréalisme des images donne l'impression de les voir habiter les pages. Manifestement redessinées d'après photos du film, voire peintes à même les photos, les illustrations ne sont pas à proprement parler déplaisantes (le style de Jean-Michel Ponzio fait d'ailleurs des merveilles dans la série Le complexe du chimpanzé), mais obligent à se représenter à tout instant le déroulement supposé des images dans le film. Il y a quelque chose de frustrant à voir ces images figées et sans musique, accompagnées d'un texte que l'on imagine retranscrit directement des dialogues, avec ses répétitions et ses maladresses inacceptables à l'écrit. Le résultat donne l'impression d'une photocopie aux tons délavés, qui laisse percevoir l'aspect de l'original sans pour autant le remplacer de façon satisfaisante. L'exercice n'est pas raté mais apparaît franchement stérile.


L'histoire elle-même n'est pas mauvaise, et suscite son lot de frissons : Alexandre Fayard, spécialiste mondial de l'œuvre du mystérieux écrivain japonais Shundei Oe, écrit à son tour un thriller angoissant et désespéré dans le style de son idole. Venu au pays du Soleil Levant pour présenter son livre, Fayard reçoit des menaces de Oe, qui terrorise également la jeune geisha Tamao... Le vendeur des best-sellers serait-il une bête immonde, comme le veulent sa légende et le hideux autoportrait qui orne le quatrième de couverture de ses bouquins ?...

Si le sujet est prenant et le déroulement plutôt astucieux, les soucis formels cités précédemment empêchent de s'immerger dans le récit, qui paraît particulièrement expédié à la fin. Mais la bande dessinée a un mérite : elle donne envie de voir le film, en espérant que le rythme et le traitement soient plus adéquats. Et le film, au pire, donnera peut-être envie de lire le livre d'origine...


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