Jazz club

Critique par iscarioth - le 16/01/2007 couverture de la bd Jazz club
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Un dernier « pouet »
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Qui a dit que le festival d'Angoulême n'était qu'un grand supermarché, un promoteur pour grosses machines ? Qui ? Qui exactement, je sais pas trop, mais plein de gens, ça c'est sûr. Comme c'est pas beau de cracher dans la soupe, et comme on est gentil chez Krinein, on soulignera dans cet article au moins un point positif : Angoulême soutient ses poulains : la sortie de Jazz club, album cofinancé par la maison des auteurs de la ville, en est la preuve.


Jazz Club
, le premier album d'Alexandre Clérisse, jeune dessinateur tout fraîchement sorti de l'Ecole supérieure d'Angoulême. Jazz club, c'est à la base une improvisation, qui se transforme peu à peu en album. L'histoire est d'abord publiée sur le site coconino-world.com, à raison d'une planche par semaine. On nous raconte la vie de Norman, un saxophoniste de jazz talentueux, mais détruit par une déception amoureuse. De la jeunesse à Los Angeles en 1966 jusqu'aux vieux jours en France en 1999, l'histoire de Norman est bardée de péripéties, avec en toile de fond, l'idée d'une hypothétique apocalypse pour le passage au troisième millénaire...

On le devine dès l'ouverture de l'album, à la vue de cette tapisserie orange à motif rétro ; Jazz club est un album tout en style et en atmosphère. Les coupes afro, les jazz clubs enfumés, les posters de Frank Zappa au mur, les chemises psychédéliques... Ce décor et ces éléments sortis des années soixante prennent une veritable envergure avec le dessin de Clérisse, non dénué d'humour. Entièrement réalisé à l'infographie, Jazz Club est un album aux couleurs chaudes. Malgré la tristesse dégagée par le visage et le
vécu de Norman, malgré la froideur de son hiver en France, il se dégage de l'album une véritable impression de chaleur. Tout d'abord parce que Clérisse  maîtrise déjà le comique de geste ainsi que les expressions de visages. Ensuite, parce que l'histoire contée est complètement loufoque. Avant même de se renseigner sur l'ouvrage, on pense, dès les premiers instants de lecture, à des exercices comme l'écriture automatique ou le cadavre exquis. Les séquences qui s'enchaînent dans Jazz club se suivent mais ne se ressemblent pas : on pressent un postulat de départ porté sur l'improvisation, sans pour autant avoir la désagréable sensation d'un amas incohérent. En se rendant sur le site de Coconino-world, on peut lire Jazz Club articulé en strip. La prépublication est toujours online, et gratuite.


Jazz club, un album qui porte bien son nom, réalisé sur la base de l'improvisation, mais qui ne donne jamais l'impression de se perdre. Un très bon premier album.


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