Mortelle Riviera - Tome 1 - La candidate

Critique par iscarioth - le 06/04/2006 couverture de la bd Mortelle Riviera - Tome 1 - La candidate
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Alix Brokovitch
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Dès la lecture des premières pages, un constat s'impose : Mortelle Riviera s'annonce graphiquement pauvre. Le travail de Thomas Legrain sur cet album s'inscrit dans ce que l'on appelle froidement le style « classique ». Le trait est géométrique, sans vie. La gestuelle et le visage des personnages n'ont pas de caractère. La coloration empreinte le même chemin, forcément. Les planches sont très carencées en nuances : les couleurs flashent et les aplats, dégradés réguliers ou trames incrustées sont typiques d'un travail exécuté à l'infographie. Bref, un "contenant" fade et impersonnel, mais un contenu qui reste à découvrir. Penchons nous donc sur le scénario.

Un pitch rabâché mais intéressant...


La couverture de Mortelle Riviera a de quoi intriguer : le visage d'une jeune femme rousse, en larmes, derrière le pare-brise de sa voiture fissuré par de multiples impacts de balle. La couverture nous rappelle l'imagerie sainte, la représentation hiératique d'un martyre au bout de ses souffrances. La jeune femme en question, l'héroïne, s'appelle Alix et est la fille d'un puissant député-maire corrompu, trempé jusqu'à l'os dans des affaires mafieuses et de pot-de-vin. Très éprise de justice, Alix, avocate, se présente aux élections avec la ferme intention de laver la région des mafieux et politiciens véreux. L'idée de base est assez rabâchée : seule contre tous, une héroïne défend la veuve et l'orphelin. Néanmoins, le résultat peut être intéressant, surtout que les auteurs ont eu le culot de faire mourir leur héroïne dès les premières pages, pour ensuite revenir une année en arrière et commencer à nous conter son histoire.

Seule contre tous


La candidate
surprend dans un premier temps, puis agace assez rapidement. On accumule les clichés énervants : l'entrepreneur machiavélique, les fonctionnaires de police incompétents et fainéants, la population locale antiparisienne et stupide à l'accent provençal surprononcé, le golden boy dragueur et, comme point central, notre héroïne à la volonté de fer et à l'honnêteté inébranlable, avocate passionnée ayant fait voeux de pauvreté. Ainsi doté de personnages aussi simplistes, l'intrigue en devient très prévisible. Le manichéisme est tel (on repère très vite « les méchants ») qu'on croirait la bande dessinée scénarisée par Derib. C'est assez décevant au regard des thèmes investis. Il y a toujours matière à dire et à faire ressentir lorsque l'on parle de corruption, de pouvoir et de la logique des réseaux.


Un album assez décevant. Une réalisation graphique industrielle et un scénario convenu malgré les quelques bonnes idées.


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