

Sept balles pour Oxford aurait pu être une bande dessinée intéressante. Mais de nombreuses lacunes viennent obstruer l'ensemble de son concept, pour finalement déséquilibrer la balance entre l'intérêt de l'oeuvre et notre état semi comateux. Autopsie détaillée dun infanticide littéraire.

Tome 1, La Promesse, détail de couvertureOxford est un septuagénaire en quête de ses gloires d'antan. Détective menacé par la retraite, il désire revivre une unique fois les sensations fortes que lui provoquait sa carrière. Un ultime bain d'oxygène avant de respecter les dernières paroles de sa défunte épouse : arrêter définitivement son travail lorsqu'il aura vidé son dernier chargeur. Oxford n'a plus que sept balles à tirer avant de sombrer dans le suicide professionnel. L'homme est alors étriqué entre deux ressentiments peu enthousiasmant : il devra tourner la dernière page du chapitre majeur de son existence pour arriver sur celle de l'épilogue. Entre les pertes régulières de mémoire, ses problèmes de prostate qui le rendent de plus en plus caractériel vis à vis de son fils, Oxford s'aperçoit qu'il a atteint un âge limitant ses actions. Un bilan peu enthousiasmant pour ensoleiller ses beaux jours. Dans le tome 7, Oxford retrouve Lou Bronx. Un ami de jeunesse qui était sans le sous, devenu aujourd'hui un papy gâteux millionnaires atteint d'un cancer. Le personnage principal ressasse avec nostalgie ses années révolues pour tenter de comprendre comment son compagnon en est arrivé à un état aussi déplorable. Que ce soit les fêtes maison où tout Disneyland s'invite pour fêter son anniversaire, cette mystérieuse jeune africaine qui s'est éprit de lui, les activités censées donner du tonus aux personnes âgés pour leur faire miroiter qu'ils ont encore 20 ans ... Tout ne lui a jamais paru aussi superficiel. Oxford n'espère qu'une chose: rentrer chez lui pour récupérer son pistolet confisqué par les forces de l'Ordre, et continuer sa dernière enquête.

Tome 2, la perle, détail de couvertureMême si Oxford montre encore quelques ressources, avouons que son diagnostique laisse à désirer. Nous n'irons pas jusqu'à dire que la bande dessinée frôle l'état grabataire. Il y a de bonnes idées aussitôt sectionnées par un mauvais travail d'équipe censé ordinairement combler les lacunes de l'autre. Chose qui peut paraître étonnant lorsque nous regardons la carrière professionnelle des acteurs ayant contribué à sa mise en page. Zetner a dans le passé été à la tête de la série Alak Sinner et publié de nombreux albums exportés en dehors de son pays d'adoption : l'Espagne. Montecarlo a travaillé préalablement dans le cinéma et la télévision jusqu'à ce qu'il pousse timidement les portes du 9ème art. Enfin, Quintanilha a eu l'occasion de peaufiner son coup de crayon en illustrant des récits d'épouvante sans évoquer sa collaboration avec de nombreux journaux et magazines. Alors même si durant tout ce temps, vous entretenez avec une certaine jouissance personnelle votre mauvais goût, vous avez eu le temps d'apprendre à éviter les obstacles élémentaires de la mise en forme.
Enfin, je dois reconnaître que je n'ai pas eu l'opportunité de lire les 3 tomes précédents et ne peux focaliser mon analyse uniquement sur ce dernier. Peut-être que 7 balles pour Oxford se révèlerait être une histoire agréable à suivre. Donnons lui une chance. Aussi minuscule soit-elle, avant d'appuyer définitivement sur la détente.
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