Stéréo Club - Tomes 1 à 3

Critique par iscarioth - le 16/06/2006 couverture de la bd Le Stéréo Club  - Tome 1 - Britney forever
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Hervé Bourhis est reconnu pour savoir faire rire de la vie de tous les jours. On a découvert l'auteur avec l'excellent Thomas ou le retour du tabou, en 2002 (prix Goscinny), qui racontait le quotidien d'un jeune garçon en quête d'identité. Poursuivant sur cette voie quotidienne, Bourhis se lance avec Spiessert en 2004 sur la série Le Stéréo club.

Toute la musique que j'aime...


Une série peu commune dans sa façon de s'exprimer : pas vraiment de personnage principal, ni d'intrigue sur la longueur, mais pas non plus de totale indépendance entre les albums. Chaque album se centre sur un personnage en particulier. Britney forever nous parle de Guy, un quadra cocu jusqu'aux oreilles, qui a dédié sa vie au jazz et qui tombe subitement et honteusement amoureux de la soupe d'une chanteuse pop pour ado, Britney. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite, bien évidemment. Le deuxième album nous présente Didier Chadeau (non, pas DJ Shadow !), un chanteur aussi raté que fauché. Le troisième et dernier opus en date raconte l'aventure d'un groupe qui se monte en une journée, pour la fête de la musique. Vous l'aurez compris, le gros fil conducteur de tous ces albums, c'est la musique. Rock ou chansonnettes, bruits de cave ou tubes interplanétaires. Au carrefour de toutes ces existences, quelques personnages et lieu récurrents. Le stéréo club et ses disquaires, forcément, et Youri, dont l'existence n'a pas forcément grand-chose à voir avec le reste de l'intrigue.

Le grand bazar


Oui, ça peut sembler un peu fouillis comme ça. Et ça l'est. Ce n'est pas pour rien que Dargaud utilise le terme « pot pourri » pour décrire la série. Stéréo club, tout en maniant un humour quotidien maintenant assez rodé et connu de tous, sort, scénaristiquement, des sentiers battus. Certains personnages, figurants dans le premier tome, deviennent acteurs principaux dans le second. Et inversement. La teneur des albums est assez légère. Il ne faut pas chercher de mines et psychologies torturées avec cette série. De l'humour pour l'humour, en quelque sorte, bien que les trois albums ne soient pas du tout dénués de fond. Par exemple, Le Stéréo Club tient un discours intelligent sur la musique, ses courants et son exploitation, avec notamment un troisième opus traitant du téléchargement. Graphiquement, la série renvoie aux grands initiateurs et développeurs de l'humour quotidien tels Dupuy et Berberian mais aussi Grégory Mardon et Riad Sattouf.


Léger, parfait exemple de ce qu'est souvent l'humour de genre quotidien, Le Stéréo Club est une série dans l'air du temps, mais de qualité.


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