Tony Corso - Tome 2 - Prime Time

Critique par iscarioth - le 07/06/2005 couverture de la bd Tony Corso - Tome 2 - Prime Time
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Il est beau, il est grand, il est fort...
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La BD et surtout le cinéma ont a peu près fait le tour du « bad guy ». Il est assez rare qu'une oeuvre prenant pour centre ce type de personnage arrive à surprendre. Le mauvais garçon au grand coeur est un mythe usé, mais toujours rabâché. Vous le pressentez certainement, Tony Corso n'a pas l'épaisseur d'un Juan Solo, ni le vice d'un Torpedo. En toute honnêteté, l'envergure du personnage ne se limite qu'a quelques éléments : une beauté méditerranéenne, des chemises à fleurs très eighties, des lunettes de soleil, du gin tonic et quelques phrases bien balancées... Tony Corso est transparent et prévisible. Le mystère créé autour de ses origines ne passionne guère puisque le personnage ne suscite ni l'émotion ni la peur. « J'avais envie d'une vraie série de BD avec un héros capable de donner naissance à toute une série d'épisodes, à la manière de feuilletons comme Amicalement vôtre, Magnum, ou Starsky et Hutch » témoigne l'auteur en interview. Tony Corso a bien l'étoffe d'un héros hollywoodien : un brin d'insolence mais jamais de vulgarité. Il est spectaculaire et élégant, passant au nez et à la barbe de policiers toujours floués...

Prime Time est une bande dessinée qui se mord la queue : elle dénonce le monde de l'argent, du luxe et de la manipulation, mais utilise elle-même ces appâts pour attirer le lecteur. Les thèmes de la télé réalité et du télé business, contrairement aux apparences, sont traités très superficiellement. L'album Prime Time est formé par deux histoires : une de cinq pages et une autre de quarante-cinq. Le décalage est flagrant. La première histoire est parfaitement inutile : elle n'a aucun lien avec l'épisode suivant et n'est construite qu'autour d'une banale scène d'action. D'une façon très peu crédible, les personnages secondaires qui parsèment Prime Time se dévoilent très rapidement, en quelques cases, en déblatérant de grands monologues complètement inappropriés. Le scénario, d'une manière générale, est très prévisible. Les indices tombent sous le nez de Corso au bon moment et les clichés du genre sont fleuves : les clés d'un motel qui conduisent droit aux malfaiteurs, la prise en otage de la petite copine à forte poitrine, le viol avorté par le héros qui tombe à pic...
Le final à la Columbo est lui aussi très risible : révélations, grande tirade hargneuse du vaincu et explications malignes de la part du héros-enquêteur qui laisse tout le monde sur la touche.

Le dessin est lui aussi très décevant. Les visages sont parfois très maladroits, pas harmonieux. La coloration, informatisée et fade, ne rattrape rien.


Tony Corso, c'est un peu comme les feuilletons policiers et d'action du dimanche après-midi sur TF1 : insipide et creux, bourré de clichés à un point que cela en devient parodique.


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