Il vous est sans doute arrivé parfois de rencontrer des individus à la personnalité insaisissable. Des gens trippant dans un délire dont eux seuls détiennent la clé pour en comprendre le sens. Et vous, misérable rabat-joie, vous haussez les épaules, esquissez un sourire poli et laissez échapper une intonation ressemblant à un rire faussé. Fier d’avoir sauvé l’honneur, vous venez de jouer le faux-cul.
Lorsque nous lisons brièvement les lignes encrées sur le dos de la couverture, La vie exagérée de l’homme-nylon est une œuvre d’art. Les spécialistes nombrilistes sont unanimes : on n’avait pas vu cela depuis la fin des Monty Python. L’homme-nylon (faisons court s’il vous plaît) ? Un chef d’œuvre littéraire équivalent à la recherche absurde du Graal, au cynisme du célèbre sketch The dead parrot? Est-ce possible ? Comment une presse unanimement constituée d’élitistes intellectuels parisiens n’ont-ils pas soufflé un mot de cette révolution sur papier ? Une enquête kriniesque s’impose.

Mme Rutherford au sommet
élastique de la réflexion. Anémone Rutherford vit un terrible drame : sa mère mourante a été victime d’une smogulation du string. La flexibilité du tissu lui a retourné le cœur, mais avant de rendre son dernier souffle, elle trouve un dernier sursaut pour donner une ultime condition à sa fille afin qu’elle touche l’héritage. Anémone devra retrouver son père, un homme blond aux cheveux de nylons défiant tous les vents. Pour l’aider dans sa tâche, la jeune femme rencontre sur son chemin Matt Brennan, spécialiste de la chasse, de la pêche et ressources en tout genre et sur terrains variés... Un accro de la gâchette ayant pour collaborateur Detrecy, un homme fort sympathique mais en proie à des visions lovecraftiennes destructrices. Toute cette fine équipe part sur les traces de l’homme-nylon, expert en insertion de thermomètres dans le cul des chevaux.

Oui, la Terre n’avait pas connu un pareil phénomène depuis les Monty Python.
La vie exagérée de l’homme nylon s’impose comme étant une bande dessinée destinée à un public constamment perfusé à l’absurde. Un humour risqué ne pouvant pas convenir à un certain lectorat… un large lectorat… Et si les similitudes s’arrêtaient à cette condition ?
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