Nos 18 ans

Critique par riffhifi - le 20/07/2008 Affiche du film Nos 18 ans
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7/10
L'ombre jeune
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Sur ce teen-movie français parlant d'une bande de dix-huitenaires qui passent le bac en pensant plus à leurs amours qu'à leur boulot, faut-il voir l'ombre du Péril jeune klapischien ou des American Pie d'outre-Atlantique ? Ni l'un ni l'autre apparemment, car Nos 18 ans est le remake d'un film italien sorti en 2006, Le jour d'avant l'examen (Notte prima degli esami), inédit dans les salles françaises mais couronné d'un beau succès dans les festivals. Dans l'incapacité de comparer les deux versions, on se contentera d'apprécier celle-ci, avec sa fraîcheur et sa bonne humeur.

Juin 1990. Lucas (Théo Frilet) vient de finir son année de terminale, et s'en va dire à son prof de philo Monsieur Martineau (Michel Blanc) ce qu'il pense de lui : qu'il est un sadique, un raté, un pauvre type et un ringard. Il apprend bien vite que ce Monsieur Martineau est destiné à lui faire passer les oraux de rattrapage du bac, Bonnet blanc
Bonnet blanc
auxquels il a peu de chances de couper...

Autant l'admettre, le capital sympathie du film provient en grande partie de la nostalgie qu'il véhicule, particulièrement efficace auprès de la génération des 25-45 ans (oui, c'est vaste), et de sa bande originale en forme de best-of, façon "playlist de l'été 1990" (The Cure, Téléphone...). Car après tout, il n'y a rien que de très classique dans l'enchevêtrement de ces histoires de cœur et de révisions, et même le personnage de prof sévère-mais-doté-d'un-bon-fond donne l'impression d'avoir déjà été vu cent fois. Mais inexplicablement, le film déjoue ces réticences purement intellectuelles à l'aide d'une sincérité désarmante, appuyée par une distribution talentueuse : aux côtés des têtes connues comme Michel Blanc (toujours parfait), Bernadette Lafont (qu'on revoit de plus en plus en ce moment) et de Venantino Venantini (impérial du haut de ses 78 ans), on découvre les sympathiques jeunots Valentine Catzéflis, Théo Frilet, Julia Piaton, Liza Manili, et surtout l'étonnant Arthur Dupont, dont la performance de grande gueule immature vole la vedette au héros pourtant attachant.


Comme dans tout film choral, on s'intéressera plus ou moins à chaque histoire selon ses affinités, mais on remarquera la cohérence avec laquelle elles se répondent entre elles, évitant le piège de la juxtaposition simpliste. La détresse inexprimée du personnage de Michel Blanc est particulièrement bien mise en avant, lorsque celui-ci découvre que sa fille et sa mère font leur vie tandis que lui se morfond... Mais encore une fois, c'est Arthur Dupont qui sonnera le plus juste, tout en sobriété pour changer, et parviendra à tirer des larmes à certains.

Pour revenir à la comparaison du début, Nos 18 ans tient clairement plus du Péril jeune que d'American Pie, jusqu'au nom du lycée que fréquentent les personnages (Montesquieu), bien que l'un soit situé à Paris et l'autre à Bordeaux. Et ses personnages trouvent immanquablement un écho émouvant chez l'ancien lycéen qui dort en chacun de nous (passés nos 18 ans)...


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