A History of Violence

Critique par Nicolas - le 02/11/2005 Affiche du film A History of Violence
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La violence dans la peau
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Si le scénario du film fut écrit par Josh Olson, l'histoire en elle-même se base sur un « roman graphique » de John Wagner et Vince Locke, autrement dit une bande dessinée américaine plutôt orientée adulte, à l'image d'un Sin City. Cronenberg s'en empare, devenant par la même occasion un sérieux candidat à la palme d'or 2005 (qu'on lui refusera, d'ailleurs).

Tom Stall (Viggo Mortenssen) vit en paix avec sa famille dans la petite de Millbrook. Un soir, deux malfrats le braquent en plein coeur de son restaurant, menaçant sa vie et celles de ses clients. Par instinct de défense, Tom parvient à s'emparer d'une arme et dessoude les deux meurtriers. En quelques heures, il devient le nouveau héros américain, dont le visage apparaît sur toutes les télés et dans tous les journaux. C'est alors qu'un mystérieux individu dénommé Fogarty (Ed Harris), tout droit venu de Philadelphie, entre dans la paisible bourgade pour affirmer haut et fort que le Tom Stall que tout le monde connaît n'est pas celui qu'il prétend être...

Ne pas se méprendre, le « history » du titre se traduit plutôt « passé » dans le langage courant. Tom Stall, honnête citoyen d'un bled paumé de l'Indiana en plein dans son rêve américain (c'est-à-dire, la bicoque, la vie calme, la jolie femme un peu hot, et les deux children plus ou moins typiques), révèle de sérieuses capacités de tueur et s'attire l'intérêt d'un borgne au charisme inquiétant. Fin du dream américain, la violence se répercute comme la chute d'une pierre au milieu d'un paisible lac de campagne, recueillant même en son sein le proche entourage de Tom à son tour déboussolé. Leur papa / mari adoré est-il vraiment ce qu'il prétend être ? Vérité, intox, la question n'est pas là pour Cronenberg. Car la violence est une chose horrible mais néanmoins fascinante, par sa propre nature : elle n'est pas souhaitée, mais elle est inévitable, ancrée dans la réalité bien plus profondément qu'on ne pourrait l'admettre. Et la repousser un temps la fera venir / revenir un autre, inexorablement. Début, ou finalité, telle est la question. Et pour l'habiller, Cronenberg évite les artifices éhontés. Pas de chorégraphie esthétique ni d'effet de style pompeux, il filme avec retenue les actes comme les paroles, s'efforçant de rester attaché au sombre naturel de ces intenses explosions de violence. Un bon choix de s'appuyer sur Viggo Mortenssen, parfait pour la dualité du rôle, même si sa composition s'efface devant les attaques lacrymales de Maria Bello et le sourire grimacé de Ed Harris.

D'une intrigue un peu abracadabrante, Cronenberg livre une réflexion maîtrisée sur la violence en tant que telle, prenant au piège le spectateur hypnotisé par cette atrocité tellement réelle.


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