Arizona Dream, c'est un film qui a sa logique propre, à laquelle il faut vraiment s'adapter pour espèrer tirer quelque chose de ce délire cinématographique sans précédent.
Un film qui parle des gens qui ne veulent pas grandir et qui ne veulent pas croire que leur rêve d'enfant ne sera jamais réalisable. D'abord, y'a Alex, qui est toujours un gamin et qui va grandir pour se rendre compte de cette réalité. Puis y a l'oncle Léo, qui a apparement réussi a grandir (il vend des voitures et tout, un métier sérieux) tout en restant un grand gamin. Et enfin y a Elaine, qui n'a pas pu se séparer de son rêve d enfant, qui le mène jusqu'à la folie.
Arizona Dream est une énorme comédie qui met en scène de grands gamins qui font semblant de se prendre au sérieux (la méthode pour vendre des voitures résiderait alors dans la manière de dire des 'helloooo' assez sexy pour séduire la clientèle). Mais peu à peu le drame et la mort s'insinuent dans l'histoire, parce que la vie, c'est forcément pas toujours rose et il faut bien attérir un jour, que ca fasse mal ou non.
Cependant avec le personnage d'Alex, le rêve dépasse la mort. Quand on grandit, on ne fait que 'dormir' pendant quelques années (amusant de constater que pour lui la réalité est donc un rêve que l'on subit, par opposition au monde du rêve, ou l'on est alors en fait vraiment éveillé) en attendant de revenir en un truc qu on préfère, et si on est chanceux, en poisson, qui sait tout et qui n'a meme pas besoin de réfléchir.
Le personnage de Grace, la fille adoptive d Elaine, autour duquel tourne toute la fin du film, est peut etre le seul personnage a avoir su concilier le reve et la dureté de la vie. Mais alors vu la conclusion, Arizona Dream serait un film profondément pessimiste.
Arizona Dream est un film extremement dense, superbe, et vraiment unique en son genre. Difficile de parler de chef d'oeuvre, mais plus j'y pense plus l'évidence s'impose d'elle même. (puis la BO cartonne sérieusement hein)
J'ai vu pour la première fois Arizona Dream hier, sur Arte : rien à faire : ca m'a fait chier. Autant, le 'temps des gitans' m'a fait pleurer (oui, oui), autant ici je n'ai rien pigé : là où vous avez vu des gamins rêveurs, je n'ai vu que des égoïstes qui n'ont que faire des autres. Il n'y a pas de dialogues dans ce film, juste une suite de monologues...bref, j'ai vu et puis j'oublie.
Je trouve qu'il est navrant de constater que la majorité des gens, quand ils voient un film, cherche à y trouver avant tout du sens. Comme s'il s'agissait de se bloquer, de s'interdire l'émotion ou tout autre sensation tant que l'on n'a pas perçu du sens. C'est con comme attitude, c'est de la castration intellectuelle. Ressentez le film d'abordet n'ayez pas d'inquiétude, le sens viendra de lui-même, en laissant un peu fermenter le film dans la sauce cervellienne.