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Casino Royale - 2006

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moumoute - le 30/07/2007 à 13:57

Vous n'allez surment pas me contredire si je dit que James Bond rime avec course automobile, gadjets, action et originalité!

30secondes de course avec une aston martin, gadjets sophistiqués pratiquement absent du film, l'action se limite au début du film (un petit peu à la fin aussi, avant que je m'endorme)et au niveau de l'originalité, le Poker, c'est pas une première.

Casino Royale - 2006
Wax - le 30/07/2007 à 15:12

" Vous n'allez surment pas me contredire si je dit que James Bond rime avec course automobile, gadjets, action et originalité!"

Ben si justement! Quand on lit les bouquins on constate que la profusion de gadgets et autres courses frénétiques sont bien moins présents que dans les films. Et même si j'aime beaucoup les premières aventures ciné de Bond (rien ne vaut Sean Connery en Bond! :) ) je trouve cette adaptation de Casino Royale très réussie. C'est justement en s'affranchissant des codes de la série et en revenant aux origines qu'elle renouvelle avec bonheur la franchise. :)

Casino Royale - 2006
Koub - le 10/02/2008 à 14:33

Critique perso de Casino Royale :

 

La bête est lâchée


On aura beau être fan de James Bond, pas de tabou: cette fois, Sean Connery est bel et bien mort, terrassé par un Daniel Craig d'une classe insensée. Fustigé pour être le premier James Bond blond de l'histoire, prétendûment incapable de conduire son bolide lors du tournage, prétendûment inapte aux scènes d'action, prétendu esprit faible au corps malade lors du tournage aux Bahamas, Craig pulvérise toute critique avec son corps en béton armé, son regard perforant, ses yeux bleu acier, sa répartie insoupçonnée, son élégance naturelle et, surtout, son mélange inattendu de classe et d'animalité.

Un court prologue, dans un noir et blanc froid et élégant, expose la rude ascension de James Bond. Fraîchement promu double zéro, au grand désarroi d'une M. qui n'en peut plus de subir les assauts de ce rustre, ce Bond là repart donc de zéro. Les créateurs de la série ont décidé d'opérer un changement radical. Car la saga était clairement allée trop loin. Ici, pas de rayon de la mort venu de l'espace, pas d'armure bionique, encore moins de voiture invisible. Non. Juste quelques gadgets vaguement high-tech. Mais qu'y gagne-t-on au change? Un monument de classe pure. Véritable diamant, tellement brut qu'il en est noir, Daniel Craig campe un James Bond d'une puissance et d'une présence tout simplement inégalée. D'une violence incroyable, sans coeur, sans peur ni reproche, la bête gravit les échelons pour oublier une origine sociale humiliante et finit par acquérir le statut hautement dangereux de double zéro. Puis, au fil d'une caméra menée de main de maître, le réalisateur Martin Campbell, tel un orfèvre, travaille Craig pour en faire un diamant de synthèse à l'éclat presque outré. Monstrueusement classe et brutal, mais d'une finesse et d'une intelligence jusqu'ici jamais ne serait-ce qu'effleurée dans la série, Craig bouffe littéralement l'écran. Le renouveau est salutaire et ce, à tous les niveaux. Exit donc les gadgets invraisemblables, le James Bond nouveau se veut à la fois réaliste et ancré dans le présent. C'est ainsi que, assisté de son seul ordinateur et de son téléphone, Bond traque un blanchisseur d'argent qui alimente les réseaux terroristes de la planète, le Chiffre. Aussi salaud que réaliste, le Chiffre n'est pas un mégalomane voulant faire péter la planète à coups de rayons nucléaires. Non, c'est « juste » un dangereux personnage. Et Bond doit le défaire. S'engage alors une partie extrêmement serrée, aussi intelligente que bien menée, s'achevant à la table du Casino Royale. Campbell, déjà responsable du renouveau GoldenEye en 1995 avec Pierce Brosnan, livre un film maîtrisé de bout en bout. Réalisé avec brio et humilité, ce 21ème James Bond est d'une beauté ahurissante et l'on ne compte plus les scènes d'anthologie, mises en exergue par des plans de caméra de folie. Tout à la fois rêche, sèche et brutale comme Craig, la caméra sait se montrer souple et fluide pour aboutir à un cadrage d'une précision diaboliquement efficace. Dès lors, les scènes d'action réalistes mais tout de même incroyablement osées, s'en retrouvent magnifiées. La première course-poursuite en mode free-running sur un chantier est d'une efficacité bulldozer comme on n'en avait presque jamais rencontrée. Elle nous révèle le nouveau James Bond: ultra-bourrin, inexpérimenté mais futé, aux antipodes du méchant fuyant qui, par ses acrobaties, défonce littéralement tous ces abrutis de Yamakazi. James Bond, lui, écrase tout sur son passage, préférant passer au-travers d'un mur plutôt que le contourner. Et lorsqu'il met littéralement à feu et à sang l'aéroport de Miami, le film confine au sublime, et c'est dans un état de totale jubilation que le spectateur assiste à ce défoulement bestial, mélange de sang, de réacteurs et de tôles froissées, dans un tourbillon d'images syncopées. Et puis, Bond a beau être un héros, il s'en prend plein la gueule. Il est classe, mais il dérouille. Il trébuche, il tombe. On le voit encaisser, saigner, ahaner. Il finit même odieusement torturé dans une séquence complètement dingue qui fera se tordre sur sa chaise n'importe quel homme normalement constitué. Mais, non content d'être à la fois sublime et créatif, Casino Royale est d'une aisance stupéfiante dans son scénario, ses dialogues et ses développements. En l'espace de quelques répliques, le nouveau James Bond s'impose comme un surhomme en devenir, un roc qui se cherche, un virtuose du verbe. Le texte est jouissif et l'interprétation est, elle, tout simplement extraordinaire. Au vu du lourd passif de la saga, ce film est d'une audace folle puisque Craig se paye le luxe de démolir l'ancien James Bond, le temps d'une réplique au bar appelée à devenir culte*.

Intelligent, beau et survitaminé, Casino Royale est très clairement le meilleur film de l'année, le plus puissant film d'action survenu depuis une éternité et c'est, tout simplement, le meilleur James Bond de tous les temps.

Et puis, au royaume du surpuissant, Daniel Craig trône tout en haut, animal indomptable, de toute sa splendeur décriée.


Casino Royale - 2006

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