Cloverfield

Critique par Nicolas - le 11/02/2008 Affiche du film Cloverfield
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7.5
note krinein
Loverfield
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Ne nous voilons pas la face : Cloverfield est un film de monstre, il suffit de résumer une partie du scénario pour s'en convaincre : "une créature extrêmement belliqueuse et affamée haute comme un immeuble débarque à New York et commence à défoncer la grosse pomme en ignorant tout bonnement le sens commun, la circulation routière, et l'architecture moderne. L'armée est quasiment impuissante, et met en œuvre tout ce qu'elle possède en termes d'explosifs et de dégâts massifs pour chasser l'ignoble monstre pas sympa." Du Godzilla, à première vue, sauf qu'aucun héros ne semble pointer son sourire sur l'affiche, pas même un acteur français un peu plus populaire que les autres (avouez, on rigolerait avec du Clovis Cornillac ou du Jamel Debbouze).
"Mon Dieu, j'ai encore oublié mon pass Navigo !"
Là où Cloverfield innove, c'est dans son traitement. Le monstre n'est en effet pas la cible de toutes les attentions, mais devient une catastrophe quasi-naturelle comparable à un ouragan, un tremblement de terre, ou un autre évènement du même type. L'idée fut de présenter la créature comme une chose contre laquelle l'être humain ne peut lutter et doit juste organiser sa survie, envers et contre tout. L'attention retombe alors sur un groupe de jeunes gens on ne peut plus classique, déambulant dans les rues de New York à la recherche d'un moyen de quitter le terrain de jeu du monstre et, du même coup, sauver sa peau et s'assurer une descendance, avec un peu de chance. Leurs réactions et leurs motivations demeurent, malgré tout ça, assez atypiques et il reste difficile de s’identifier à l’un ou l’autre de ces jeunes gens finalement un peu écervelés. Ce qui ne retirera rien du tout à l’immersion infligée pendant le film, celui-ci ayant été intégralement filmé caméra à l’épaule, par l’un des protagonistes, comme un film de vacances – à part qu’un énorme monstre dégomme la Statue de la Liberté. Tout est mis en œuvre pour que cela ressemble à un document d’archive récupéré sur les lieux du drame, du générique (avertissement de propriété, code de classement, chiffrage temporel, etc.) au montage (un ensemble très décousu où se mélangent vieilles séquences d’il y a plusieurs semaines, accrochages vidéos, et vacillations à faire vomir un Michael Bay). L’effet est à la fois saisissant, impeccablement réalisé, et visuellement très fatiguant, ce qui explique les rumeurs selon lesquelles certains spectateurs auraient vomi en sortant de la salle. Certains sont effectivement sortis avant la fin, mais tout le monde semble bien s’être tenu. Gros migraineux s’abstenir, tout de même.

Cloverfield révolutionne le film de monstre en ramenant celui-ci à hauteur d’homme, confiant sa caméra aux protagonistes du film envers et contre toute bonne logique du plan. Immersif au diable, le scénario se positionne plus comme un prétexte à un exercice stylistique plutôt que de se rapporter à une véritable de volonté de gagner sur tous les tableaux. On en ressort abasourdi, presque craintif à l’idée qu’un truc vivant  de plusieurs étages se mette à becqueter la rame du métro qui nous ramène à la maison. Pari gagné.


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