Course à la mort

Critique par riffhifi - le 16/10/2008 Affiche du film Course à la mort
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7/10
L’histoire d’un mec. Un vrai.
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On n'avait pas vu Paul W.S. Anderson derrière la caméra depuis 2004, année du décevant Alien vs. Predator. Le réalisateur s'est fait une spécialité de lancer des franchises à partir de concepts improbables : avant le crossover entre bestioles, il avait porté à l'écran les jeux vidéos Mortal Kombat (en 1995) et Resident Evil (en 2002), dont il a également scénarisé les deux suites. Assumant sans peine sa filmo de nanars modernes (Soldier, quand même), Anderson s'attaque aujourd'hui au remake d'un nanar d'antan : La course à la mort de l'an 2000, une production Roger Corman de 1975 qui mettait en scène David Carradine et Sylvester Stallone.

2012 : la crise économique a fait exploser le chômage et la criminalité. Les prisons surpeuplées sont le théâtre d'un jeu cruel et médiatisé : la course à la mort. Un défi automobile au cours duquel tous les coups sont permis, surtout de la part des organisateurs. Jensen Ames (Jason Statham), ancien pilote émérite, se retrouve le Vroum vroum !
Vroum vroum !
même jour chômeur, veuf et arrêté pour le meurtre de sa femme ; par un heureux concours de circonstances, la directrice du pénitencier Terminal Island a besoin de remplacer secrètement un coureur surnommé Frankenstein, récemment décédé. Hennessey (Joan Allen) est une épouvantable salope qui inquiète beaucoup plus Jensen que la perspective d'être bousillé par son futur adversaire Machine Gun Joe (Tyrese Gibson)...

« Il a pris le raccourci ! 
- J'suis aveugle, connard ?! »

S'il faut bien admettre une qualité à Paul W.S. Anderson, c'est d'avoir le sens du divertissement burné. Lorsqu'il propose un film de course automobile, ce n'est pas une meringue enfantine multicolore assistée par ordinateur (Speed Racer, anyone ?), mais un film de mecs avec de grosses cascades dangereuses (ou qui en donnent l'impression), du design de bagnole agressif et rugueux, et une démesure salutaire à base de mitrailleuses lourdes. Le choix de l'acteur principal montre également le bon goût du bonhomme : Jason Statham, avec sa carrure et son charisme, est peut-être le seul véritable héritier assumé des héros d'action des années 80-90 comme Stallone et Schwarzenegger ; au début des années 2000, on nous vendait Vin Diesel comme remplaçant du premier et The Rock comme simili-Schwarzie, mais tous deux ont bifurqué vers des carrières plus alternatives que le bourrinage en règle.

Vroum toi-même !
Vroum toi-même !
Le plus étonnant dans cette Course à la mort, ce n'est pourtant pas le brio des scènes d'action, brutales et pleines d'adrénaline, mais le scénario malin qui les soutient. S'éloignant sensiblement du film original, que peu de spectateurs auront vu (David Carradine fait tout de même une apparition vocale en clin d'œil dans le prégénérique), ce remake concentre l'attention sur l'injustice dont est victime le héros, là où le Frankenstein de 1975 était un agent infiltré de plein gré dans une course dont les victimes étaient les piétons. Ici, le danger vient non seulement des concurrents et de leur soif de liberté, mais surtout des organisateurs et de leur goût du lucre : la course doit générer du pognon à tout prix, quitte à piper les dés ou à manipuler des innocents. En montrant Jason Statham victime d'un engrenage qui tente de le broyer, le film rend ses actions d'autant plus significatives, et évite même certains pièges grossiers, comme le flirt attendu avec sa co-pilote über-sexy (il est veuf depuis peu, et pense plus à son bébé qu'à la bagatelle). Pas d'inquiétude pour autant, votre cerveau ne risquera pas la surchauffe, et les dernières minutes du film s'égarent même dans quelques facilités bébêtes dont on se serait volontiers passés. Désormais, une seule question subsiste : Statham reprendra-t-il le volant dans une suite ?...


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