Détour mortel

Critique par Nicolas - le 13/08/2003 Affiche du film Détour mortel
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5.5/10
Face to Faith
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Un tel titre ne pouvait a priori rien présager de bon. Car en général, le choix du mot « mortel » dans une appellation annonce souvent un potentiel candidat aux oscars du désintérêt (quelques exemples : Compte à rebours mortel, Mortelle Saint-Valentin), terme visiblement considéré comme accrocheur par les distributeurs pour vendre leurs slasher-movie (tout comme le mot Sexe). Et effectivement, pas vraiment de détour sur l'autoroute du film d'horreur, mais une relative rigueur dans la conception qui pourrait presque le faire passer pour un classique.

En cherchant un raccourci (« qu'il ne trouva jamais... ») pour éviter un embouteillage monstrueux, Chris (Desmond Harrington) percute de plein fouet le véhicule d'une poignée de campeurs, immobilisé en pleine forêt par quelques fils de barbelés. En compagnie de Jessie (Eliza Dushku), Scott, et Carlie, il se met à la recherche d'un téléphone, laissant Evan et Francine surveiller les deux voitures accidentées. Après un certain laps de temps, le groupe découvre une maison perdue au fond des bois, une bicoque inoccupée bourrée de morceaux de chair humaine, têtes tranchées, et autres apéritifs sanglants. La panique la plus totale les gagne lorsque les occupants des lieux reviennent avec les cadavres de leurs deux amis...

Un beau gosse un peu taciturne rejoint trois jolies filles aux poitrines généreuses et leurs deux insignifiants acolytes, pour une petite partie de cache-cache dans les bois. A leurs trousses, trois grosses brutes à la plastique copieusement repoussante, peu diplomates mais suffisamment intelligents pour pister trois ou quatre fraîches brebis courant à toute suée dans la forêt. Et un grand bienvenu dans le monde du slasher-movie, le pays où la vie vaut pas cher. Même pas besoin de scénario, des vilains, des jeunes, un lieu isolé de tout, de l'hémoglobine, une bande originale un peu stressante, et on emballe. C'est pour offrir ? Aux inconditionnels du genre certainement, ceux qui ont pris la peine d'encadrer leur cassette de Massacre à la tronçonneuse (source d'inspiration indéniable) pour l'accrocher au dessus de leur bureau. Et malgré le vide insondable du synopsis de Détour mortel, la surprise est de constater que la recette fonctionne encore ! Aucune surprise, pas un seul rebondissement, une histoire tellement éculée qu'il est tout à fait envisageable de prévoir - en ne s'aidant que du casting - qui va y rester et qui pourra encore voir le grand canyon. Et pourtant Rob Schmidt (le réalisateur) parvient à conserver marée haute dans l'océan d'angoisse que peut procurer une chasse à l'homme aussi improbable, sans chercher la surabondance de scènes gores (qui reste tout de même le moteur à flipaille) ou la caractérisation de la réalisation.

Peut-être une espèce d'hommage aux classiques du slasher-movie des années 70, piochant généreusement dans ce qui a été fait de mieux pour faire un film neuf, un peu lent à démarrer mais rapidement en vitesse de croisière. Destiné aux inconditionnels du genre, et à ceux qui souhaitent un soir se donner un coup d'adrénaline au trouillomètre.


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