Fast and furious 3 : Tokyo drift

Critique par iscarioth - le 28/07/2006 Affiche du film Fast and furious 3 : Tokyo drift
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De la fumée derrière les pneus et du vent entre les oreilles
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La voiture est un moyen de transport. Elle nous conduit d'un point A à un point B. Pour certains, la voiture, c'est plus que cela, c'est un signe extérieur de virilité. L'automobile est alors le prolongement de l'organe reproducteur. On s'en vante, on l'exhibe, on le soigne, on en joue. Fast and furious Tokyo drift nous emmène voir ces énergumènes pour qui l'automobile est non seulement une passion, mais aussi une manière de vivre.

Le scénario se détache des deux premiers opus. On découvre le lycéen Sean, interprété par Lucas Black et ses vingt-quatre ans (très crédible). Notre jeune homme est une tête brûlée, renvoyé depuis la tendre enfance de chaque établissement scolaire. Sean est passionné par les voitures et c'est sur une nouvelle course mal terminée que sa mère l'envoie au Japon, rejoindre son père. Là bas, Sean se lance dans les courses de drift, des parcours très circulaires où la maîtrise du dérapage est essentielle.

Ce film, c'est tout d'abord un gros paquet d'hormones. Les hommes sont des gorilles et les femmes des objets. Enfant, on joue à celui qui pisse le plus loin, eux, adultes, à celui qui conduit le plus vite. Réalisation clipée et tambourinante à l'appui, ce troisième Fast and furious insiste démesurément sur les jeux de regards. Sean a la classe, et on nous le montre bien dans une longue scène introductive pendant laquelle notre beau gosse, l'air rebelle et blasé, semble se regarder dans chaque bout de reflet. Lorsqu'un gorille croise un autre gorille, ça se tambourine le torse et finalement, ça se met sur la tronche. Lorsqu'un amateur de grosses voitures en rencontre un autre, ça se regarde méchamment, ça fait vroum-vroum, puis ça va se planter dans le décor. Inutile, presque, de l'expliquer, le scénario de Fast and furious 3 est un torchon prétexte à de multiples scènes automobiles et d'action. On a parfois l'impression d'être dans un manège à sensation plus que dans une salle de cinéma. Les images de course nous sont assénées à grand coup de bande son pétante, avec des morceaux de métal, rap ou techno de très très mauvais goût.

Et les femmes dans tout ça ? Eh bien, une femme, mes chers amis, ça ne vit pas. Les femmes, ce sont juste des jambes emballées dans des minijupes et filmées en contre-plongée. L'idée ne m'est pas venue de compter le nombre de plans fixant un entrejambe ou un déhanché, mais le chiffre doit dépasser facilement la centaine. Dans Fast and furious, la femme n'est pas un être vivant doué de raison, mais une belle petite chose que l'on se dispute en trophée. Au gagnant, à lui les honneurs et la jolie fille. Et ne parlons pas des clichés véhiculés sur le Japon. Comme tout bon navet américain, Fast and furious Tokyo drift se montre méconnaissant des peuples qu'il décrit et dresse une caricature affligeante des japonais. Le pays se résume à un défilé de couleurs, aux yakusas, aux lycéennes, aux téléphones portable dernière génération et à un sumo.

Le film entier semble avoir été conçu dans le but de plaire à son public cible : les jeunes ados et les fans de tuning attardés (non, bande de mauvaises langues, tous les fans de tuning ne sont pas attardés !). Tous les ingrédients sont réunis : de jolies filles qui disent tout le temps oui, des courses, des bagarres, de la gloire, des gentils et des méchants... Après quelques centaines de tonneaux sans une égratignure, le film fait tout de même mourir l'un de ses personnages au volant, histoire quand même de rappeler que ce genre de stupidités sur la route tue.

Fast and furious Tokyo drift, un film qui ne va nulle part mais qui y va à 200 à l'heure. Le contenu, en trois mots : muscles, nichons et voitures.


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