Tout à fait d'accord avec cette critique. La performance technique est impressionnante. En revanche, le message passé sonne creux.
Oui c'est tout à fait ça. Le film est creux, la morale assez nauséabonde, l'histoire somme toute assez plate, mais alors sur la forme, le film est très bon. Il y a de magnifiques plans séquences. La musique (extra-diégétique) est habilement non-utilisée sur certains passages où d'autres réalisateurs nous auraient volontié servit une double couche de pathos.
Joli film, mais pas consistant. Les Fils de l'Homme, c'est le kinder bueno du cinéma.
Je suis moi aussi entièrement d'accord avec cette chronique. Juste pour rajouter que ça fait quand même plaisir de voir encore sortir des films d'anticipation. 
Critique perso du film :
2027. Le monde apprend la mort de « Baby Diego », le plus jeune être vivant de l'Humanité, poignardé à 17 ans. C'est la consternation. Car plus aucune naissance n'est survenue depuis l'année 2009. L'Humanité, foudroyée par l'infertilité, est sur le point de disparaître. Le monde a cédé à la folie et s'est effondré. Terroristes, extrémistes religieux, sectes en tous genres. Résultat: attentats, catastrophes chimiques, déflagrations nucléaires. The world has collapsed, assènent les informations télévisées. Seule la Grande-Bretagne semble à peu près résister. Mais à quel prix? Le pays n'est plus qu'un gigantesque monde-poubelle répugnant où une dernière poignée de bourgeois se maintient à peu près à flots. Le film d'Alfonso Cuaron est d'un pessimisme désarmant, proprement écrasant. On cherche en vain une issue, on scrute l'écran à la recherche de la moindre échappatoire, et c'est encore pire. Il n'y a pas un plan qui ne promette l'enfer. L'image est d'une richesse étouffante, Cuaron multiplie les détails assomants. Les écrans géants diffusent des pubs vantant les mérites de médicaments euthanasiants. Le monde n'est plus qu'un cloaque, et les derniers îlots de propreté seront bientôt submergés. On a beau chercher, l'image est crade, salie par un air vicié. L'atmosphère est trouble. On brûle les cadavres d'hommes et d'animaux. Le sol n'est plus qu'une boue immonde. Les bâtiments sont couverts de suie, les poubelles s'amoncellent, les buildings s'effondrent. La froideur du béton s'installe en maître. A part une dernière poussée en avant de l'électronique, la technologie régresse. Politiquement, c'est le chaos, avec cette Grande-Bretagne qui enferme les réfugiés dans des ghettos. Pour se protéger des révolutionnaires et des activistes, les bus sont blindés comme ceux d'un convoi de prisonniers. L'Homme s'est lui-même enfermé. Le Gouvernement applique des méthodes ultra-autoritaires qui renvoient aux horreurs passées. Les militaires sont partout. Les réfugiés sont convoyés en masse vers ce qui ressemble de plus en plus à des camps de la mort. Cuaron filme un débarquement de réfugiés au camp Bexhill. On découvre les maltraitances, les exécutions arbitraires. L'insalubrité des lieux est telle qu'elle donne envie de gerber. Et lorsque la caméra accompagne ces pauvres gens dans ce cloaque, guidés par des militaires hargneux et des chiens déments, on s'imagine presque arriver dans une chambre à gaz, terminus de l'Humanité, retombée dans ses pires travers. Le monde filmé par Cuaron n'en est pas encore là. Mais ce n'est sûrement qu'une question de temps. Et, au milieu de tout cela, élément central du film, un homme qui avait perdu la foi retrouve l'espoir, car on lui a confié un trésor de la plus haute importance. Une jeune femme noire qui porte peut-être en elle le salut de l'Humanité. Il doit l'aider à atteindre un hypothétique bateau d'une hypothétique organisation qui pourra, peut-être, l'aider. Alfonso Cuaron signe là un film d'une beauté morbide effarante, extrêmement dur à encaisser, mais il s'agit sûrement d'un film nécessaire en ce sens qu'il peut, peut-être, éveiller certaines consciences. Si son postulat semble peu crédible, en tous cas dans l'immédiat qu'il nous dépeint – l'Homme devenant infertile en 2009, donc maintenant –, il permet un important questionnement sur la conduite à tenir en cas de catastrophe majeure. Car ce que veut dire Cuaron, c'est que l'Homme, bien avant de disparaître pour une quelconque raison de dysfonctionnement biologique, se sera auto-détruit. L'Humanité se sachant infertile a semble-t-il décidé de se saborder avant l'heure. Elle a cédé à la folie et est entrée dans un processus d'auto-destruction aussi implacable que navrant. Ce film est une mise en garde sur la retenue de la folie humaine face à un événement profondément destabilisant, quel qu'il soit. Et puis, il y a cette scène de folie, véritable expérience sensorielle jusqu'au-boutiste: un plan-séquence épuisant sur un homme pris dans une guerre de rue d'une violence inouïe. Le béton explose, les corps s'effondrent dans une boue putride, le sang gicle, les canons fument, tout le monde hurle. Et c'est atrocement beau. C'est beau, parce que, soudainement, la tuerie prend fin. Les militaires s'arrêtent puis s'inclinent, en silence. Cuaron en arrive alors à sa conclusion, forcément bouleversante: symbole d'une rédemption possible pour l'Humanité, ou simple sursaut ponctuel sans aucune portée? On veut espérer, on veut pouvoir se relever de ce film coup de poing, mais tous nos espoirs volent en éclats lorsque, finalement, on ne peut que se remémorer les paroles de l'anti-héros: « Qu'est-ce que ça va changer? Le monde s'est déjà effondré ».