Garfield, le film

Critique par Selena - le 26/08/2004 Affiche du film Garfield, le film
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navet à poils
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Créé il y a près de 25 ans par Jim Davis, Garfield est le plus célèbre matou orange reconnaissble grâce à ses nombreuses qualités : hypersomniaque, paresseux, cynique, égoïste, glouton, gras du ventre (et d'un peu partout), grand amateur de lasagnes et de hamburgers... des particularités si humaines que Jim Davis décrit Garfield comme un être humain déguisé en chat. Tout le monde peut se reconnaître ou aimerait se reconnaître dans ce chat qui institue, sans honte mais avec panache, la goinfrerie et la fainéantise en art de vivre.
Si on aime Garfield, c'est avant tout pour son humour tout en griffes et mordant disséminé dans les comic strips. Naturellement, dans les années 80, un chat de sa classe a eu droit à son heure de gloire télévisuelle. En 2004 : la belle citrouille à poils passe à la starisation cinématographique...

Garfield est le chouchou de son "maître" Jon Arbuckle (ou Simplet pour les intimes) jusqu'au jour où l'impensable se produit : Jon (Breckin Meyer) ramène à la maison un chien (Odie) que lui a confié la zolie vétérinaire Liz (Jennifer Love Hewitt) dont il est éperdument amoureux. Après quelques règlements de compte félino-canins, Odie se retrouve en mauvaise posture... c'était sans compter l'intervention amicale de son meilleur ennemi (arghh!!!)

Que dire du film ? L'adaptation cinématographique du chat le plus drôle de l'univers comics est un beau raté voire une escroquerie pure et simple.
On peut bien reconnaître que la voix et le talent de Bill Murray doublant Garfield (pour les plus chanceux qui n'ont pas eu Cauet) rendent tout de suite plus supportable le film. De même, les quelques gags et répliques familières de l'univers Garfieldien sauvent quelques minutes par ci, par là. Le chat en images de synthèse est plutôt réussi et se révèle un bon choix dans la représentation du chat potiron. Par contre, la décision de ne mettre en images virtuelles que Garfield s'avère désastreuse en créant un décalage avec le reste des personnages réels. Cette mocheté de chien censé incarner l'adorable Odie et les autres chats blablatant en chair et en os passent très mal à l'écran.
Mais, la plus grosse déception porte principalement sur le manque de fidélité à l'esprit de la BD et des personnages. Jon, le multichampion olympique des râteaux, emballe en un clin d'oeil Liz. Du reste, leurs personnages sont navrants de superficialité et de mièvrerie, quant aux acteurs : ils assurent le service minimum ou sont aux abonnés absents. Odie est méconnaissable. Amputée de sa langue qui pendouillait et bavouillait à loisir, son charme est anéanti dans la carcasse d'un roquet élimé. Garfield a perdu de sa superbe. Lisse, altruiste, gentil, courageux : il devient un héros à la Disney, un modèle pour les 'tits nenfants (public visé de façon lamentable) dans ce film tiroir-caisse à l'histoire-prétexte.
Tous ces légumes s'accordent parfaitement dans cette soupe sans saveur que l'on servirait avec un coca/frites sur TF1 le dimanche après-midi sous le label Disney.

Scénario inepte et nunuche, gags et mise en scène pauvres et molassons, film félon qui ferait rougir de honte un chat orange... comme dirait Garfield : de la pâtée pour chiens !


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