Girlfight

Critique par iscarioth - le 16/09/2006 Affiche du film Girlfight
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8/10
Raging Rodriguez
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Une jeune banlieusarde se fixe comme objectif de devenir boxeuse. A force de persuasion et de ténacité, elle arrive à se faire une place dans une salle et à être suivie par un vieil entraîneur, ex champion, à la base réticent. Non, il ne s'agit pas seulement là du synopsis de Million dollars baby, le film oscarisé du fameux Clint Eastwood. C'est aussi la base d'un autre film, de la moins célèbre Karyn Kusawa, Girlfight, sorti quatre ans plus tôt.

Girlfight a récolté en 2000 un gros succès dans deux festivals indépendants, le film a remporté le Grand prix à Deauville et à Sundance. A priori, on pourrait croire à un film mineur, une énième success story sur fond d'american way of life, une redite de Rocky et de son discours sur la volonté... Eh bien pas vraiment. Diana, l'adolescente boxeuse, ne rencontre pas la championne du monde de boxe et ne devient pas star du petit écran. Elle combat par pugnacité, nervosité et amour, et ni la reconnaissance ni le succès ne sont les objectifs du personnage et du film. Voilà déjà un point qui nous change de nos habitudes cinématographiques. Girlfight est tout d'abord, comme son nom l'indique, un film de femmes, réalisé par et pour une femme. Un film qui nous épargne tout militantisme malvenu dans ses dialogues, mais qui dénonce tout de même - discrètement mais sûrement - la mécanique machiste. Une femme qui boxe, et surtout qui boxe mieux que les hommes, ça dérange, sans que l'on explique bien pourquoi.

Le film impressionne beaucoup par la performance d'actrice réalisée par Michelle Rodriguez, la femme au regard félin, qu'on a surtout connu dans des films bas du front comme Fast and furious ou encore Resident evil. L'actrice a en fait tenu son tout premier rôle au cinéma avec Girlfight. Le film est donc une double révélation, celle d'une actrice et celle d'une réalisatrice, Karyn Kusama, pour qui ce film est aussi une première tentative. Girlfight est aussi nerveux que sensible. Nerveux, pour la combativité absolue, crédible, et le charisme de son actrice principale. Mais aussi par sa réalisation, tremblante et sans effets visuels pompeux. Sensible, pour la densité des relations humaines exposées. Le père de Diana est alcoolique et dominateur. La jeune fille doit se contenir avant d'exploser dans une scène de violence mémorable, où l'exutoire physique prend le pas sur le respect contraint du père. Girlfight, c'est aussi (et forcément) une histoire d'amour entre l'héroïne et un jeune boxeur, histoire plutôt classique (complicité, tromperie) pimentée par une rivalité sur le ring et des relents de machisme mal assumés.


Girlfight est un film à voir, ne serait-ce que pour la performance de Michelle Rodriguez. Regard perçant, présence physique énorme, un mélange de violence et de féminité. Désignée meilleure actrice à Deauville en 2000, dommage que la jeune femme n'ait pas poursuivi sur la voie d'un cinéma de qualité.


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