Unforgiven est un de mes western favoris pour tout ce quen dit la juste critique ci-dessus. Clint Eastwood voulait sans doute avec son film enterrer définitivement les mythes qui font le genre du Western "manichéen", lequel a servi de devanture promotionnelle du soi-disant "modèle américain" jusque dans les années 60. je me souviens que quand Sergio Leone et les western spaghetti ont débarqué, ils ont bousculé cette image grotesque (ou trop ancrée dans l'Histoire de l'Ouest) en proposant des personnages dont les frontières morales nétaient plus aussi clairement établies. par exemple, j'ai toujours vu Clint Eastwood interpréter des cow-boys suffisamment ambigus pour quon sen méfie jusquau dernier plan. Un nouveau genre de "héros" qui utilise habituellement la violence, la fourberie et la torture pour survivre dans un environnement apocalyptique où cest chacun pour soi.
c'est la grande force de Unforgiven : j'aime la manière dont Clint Eastwood joue avec le spectateur car il casse complètement limage de lemblématique cow-boy dont il a longtemps porté le masque. la mise en scène évoque constamment par le dialogue la barbarie légendaire de William Munny. et parallèlement, elle nous montre par limage un personnage pitoyable, à la santé précaire et incapable de viser juste avec un pistolet. le film accentue un peu plus le faux-semblant grâce au personnage dEnglish Bob (joué par Lord Harris), tueur supposé être une légende. comme la critique ci-dessus le souligne, on nage dans les apparences trompeuses qui débouchent sur un affrontement final étonnant même si secrètement, le spectateur que je suis attendait que Munny se montre enfin sous son plus mauvais jour face à ses semblables.
je garde un souvenir marquant de la scène du bar, lorsque Munny est trempé jusquaux os, tremblant de froid, et incapable de se défendre. quel moment incroyable de cinéma quand on a l'habitude de voir la grande silhouette de Clint Eastwood se dépétrait aisément de ce genre de situation dans les western précédant celui-ci! et la séquence interminable de lembuscade agonisante est si douloureuse. tout paraît si réel dans la souffrance du jeune cow-boy que cela en devient gênant.
un western de qualité qui donne une jolie leçon sur la manière de mettre en scène la souffrance (physique ou psychologique) tout en démythifiant la violence légitime ou gratuite. pas de carton plein, mais un 7.5/10, facile!
un chef d'oeuvre du genre et un des meilleurs films de eastwood. 
Il est chouette ce film.
Un peu lent (à mon goût et à force de visionnage), mais chouette.
En fait, Impitoyable appartient au sous-genre des "westerns crépusculaires". Des films qui sonnent le glas du cow-boy et de tout ce qui l'entoure. C'est effectivement proche de l'ambiance apocalyptique, là où il n'y a plus de lois et tout ça. Un autre grand bonhomme qui était spécialisé dans ce sous-genre, c'est Sam Peckinpah. La Horde Sauvage est, à mon sens, l'un des westerns crépusculaires les plus marquants de l'histoire de l'Ouest.
Alors, je viens de rattraper hier soir un retard culturel important en visionnant ce Clint sur mon lecteur DVD.
Première déception : l'image est crade. C'est peut être dû au fait que ma TV n'aime pas le noir, ou que le DVD était mal pressé, mais j'ai dû jouer des réglages pour obtenir quelque chose. Qui restait crade.
Ensuite, la qualité picturale se dégrade au moment des scènes pluvieuses qui ne donnent aucun sentiment d'authenticité. J'ai vraiment eu le sentiment de voir des seaux d'eau se déverser juste au-dessus de la caméra. Ca se rattrape sur les chevauchées calmes au milieu du rouge de l'automne, même si une petite halte au bord de la rivière aurait donné plus de crédibilité tandis que les chevaux étaient presque navrants lorsqu'on les voyait biffer quand la caméra était devant eux (scène de la myopie).
Place aux personnages : autant Clint sait jouer les durs (et pour cela, à partir de la scène à trois au pied de l'arbre, il est magnifique), autant il n'y connait rien en burlesque. La scène des cochons et du cheval est plus ridicule qu'autre chose. Une impression de surjeu.
Gene Hackman (Little Bill) envoie du lourd, lui. Idem pour Morgan Freeman (Ned) et Richard Harris (English Bob). Little Bill, charpentier mauvais et justicier borgne qui donne l'impression de se venger d'être engagé pour la loi alors qu'il ne souhaite que cogner les autres ou leur gicler des bastos. Une pointe de stéréotype tout de même : son premier tabassage fait passer le message, le 2e est de trop, j'ai trouvé. Du reste, la scène de la prison est limite too much.
Morgan Freeman est criant de vérité et ... beau ! Un jeu juste dans les rochers et le silence esclavagiste et résigné sous les coups de fouet alors que notre dégoût nous pousse à lui chuchotter les injures qu'il devrait renvoyer à son bourreau.
L'anglais, lui, n'en fait presque pas trop. Il est au bord du cliché sur certains passages mais on reste tout de même un peu dubitatif : est-il vraiment (ou a-t-il été) une fine gachette qui méritait un bouquin ?
Un passage que j'ai particulièrement apprécié : la fusillade depuis les rochers. Le trio nous renvoie notre propre image de spectateurs d'une violence gueulante mais invisible. Où l'agonie justifie un peu d'humanité mais ne fait pas regretter le geste. Will de répondre aux souhaits du mourant. Ned, de se détourner de la scène comme si un nouveau regard était porté (à la ferme, plus belle la vie?). Ou tout simplement ne pas voir, comme le Kid et pourtant la mort est là.
On peut regretter une certaine lenteur et que seule la fin justifie le film. Mais une question est restée collée au cerveau tout le film et aujourd'hui encore : la condition féminine (des coups de couteaux justifiant pour certains des poneys au propriétaire et pour d'autre une mort sauvage et grassement payée) est-elle traitée à l'image de ce que pouvait vivre ces filles de joie à l'époque ? Ne navigue-t-on pas d'un extrême à l'autre, emportant un peu de crédibilité à la base même de l'histoire du film ?