Les invasions barbares

Critique par Kassad - le 24/09/2005 Affiche du film Les invasions barbares
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4/10
Les invasions barbantes
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Le déclin de l'empire américain eut un succès public inattendu. Dix-sept ans après Denys Arcand, à l'instar d'un Klapisch avec L'auberge espagnole et Les poupées russes, reprend les mêmes comédiens, les mêmes situations pour tourner une suite en forme d'épilogue.

Les héros du Déclin de l'empire américain ont donc bien vieilli. D'ailleurs Rémy, maintenant divorcé est à l'article de la mort à l'hôpital. Son ex-femme rappelle son fils, Sébastien, un golden boy de la city londonienne, pour de derniers adieux. Sébastien rameute les anciens amis de Rémy et arrange du mieux qu'il peut le quotidien de Rémy.

La tonalité générale est donc bien sombre. Le film aborde il est vrai des points noirs, presque des tabous de notre société : la mort et la vieillesse. Cependant, les personnages du Déclin sont irrévérencieux et épicuriens. Ils aiment les bons mots et veulent se montrer "libérés" face aux interdits de la société : bref ils ne sont a priori pas du genre à pleurer sur leur sort, mais plutôt de s'en moquer, d'en faire une farce. En termes de thèmes, la série Six pieds sous terre vient immédiatement à l'esprit. On pourrait en effet dire que Les invasions barbares sont une version intellectuello/française de Six Feet Under. On pourrait mais je ne le dirais pas, pour moi ce serait comme de mettre en perspective un épisode de Navarro avec M le maudit (après tout il s'agit d'histoires policières non ?). Mis à part le fait que là c'est la série qui surpasse le film, ce ne sont tout simplement pas des objets du même monde.

Les défauts du premier opus se retrouvent presqu'à l'identique dans cette suite. Les dialogues sont déclamés comme sur une scène de théatre et le temps n'a pas rendu nos amis plus sympathique. Pour tout dire ils continuent de se regarder vivre en s'exclamant que c'est beau et merveilleux (leurs petites vies). L'heure des comptes à sonné c'est vrai mais finalement ils regrettent peu, si peu (juste la petite scène sur les -ismes et la révoution culturelle en chine). De l'indulgence à l'indigence le pas est vite franchi : un mot d'esprit couvrira toujours toutes les hontes, toutes les compromissions pour eux... Peut être que la critique la plus acerbe est elle masquée sous les traits de sébastien qui, lui un capitaliste supposé sans âme, est celui qui se bouge le plus, celui qui est le plus responsable de cette bande d'intellectuels du dimanche s'écoutant parler mais n'agissant jamais.

Quelques points de repères forment un lien amusant avec le Déclin : le travelling d'ouverture (qui passe des couloirs de la fac à ceux d'un hôpital), la manière dont le titre est attribué au film, la scène du repas etc. Il faut reconnaître que d'un point de vue cinématographique (mise en scène, photo) Les invasions barbares est supérieur au Déclin (mais à l'impossible nul n'est tenu dit on), mais rien qui ne dépasse le niveau d'un téléfilm policier standard type TF1 production. Le tout reste bien convenu, bien gentil. Le temps de chacun d'entre nous est compté, le temps c'est surement ce que nous avons de plus précieux ici bas, il faut éviter de le perdre inutilement. A votre place je choisirai Six pieds sous terre par rapport aux médiocres Invasions barbares.


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