Irina Palm

Critique par Kei - le 18/12/2007 Affiche du film Irina Palm
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8/10
Beau, tout simplement
vote internaute
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En Angleterre, dans un petit village perdu, un petit garçon meurt doucement d'une maladie rare. Son dernier espoir est un traitement australien, disponible gratuitement, mais disponible uniquement là bas. Et ses parents ne peuvent pas lui payer le voyage. Ils arrivent à peine à manger. La grand-mère, désespérée, finit par trouver un job d'hôtesse... dans un sex-shop.

Imaginez un instant ce film entre les mains d'un réalisateur franchouillard comique. Le spectateur, submergé par une déferlante d'humour gras et potache quitte la salle en ayant rit un bon coup (a condition qu'il ai supporté l'épreuve). On nage en plein humour « made in Groland ».

Le réalisateur allemand se pose, lui, à l'opposé de cette démarche et nous propose un film délicat. Non pas prude ou réservé. Délicat. Tout est clair, explicite, mais jamais montré. On reste cru sans être gore, on reste flegmatique sans être stoïque. Le film étonne par sa justesse de ton et par la finesse avec laquelle le sujet est traité. Il s'en dégage une vraie tendresse vis-à-vis de ces personnages, tous plus touchants, tous plus fragiles les uns que les autres. N'allez pourtant pas penser que ce film est sérieux. Sous des dehors très sobres, c'est un petit bijou d'humour anglais. Le flegme britannique est ici un des plus sûrs ressorts comiques, pour notre plus grand bonheur. Cette manière inimitable qu'on les anglais de dire les choses les plus horribles d'un ton parfaitement détaché est jouissive et ici mise en valeur comme jamais. Les Monty Python jouaient aux vieilles dames, ici ce sont des vieilles dames qui jouent. Irrésistible.

Cette douceur qui sort de l'écran n'est pas que le fait du réalisateur. Les acteurs qu'il a choisi étonne par la justesse qu'ils donnent à leur personnage. Marianne Faithful est plus que crédible dans son rôle de grand-mère en détresse et Miki Manojlovic (Underground) incarne à la perfection le mac revenu de tout, mais dans la poitrine duquel bas un cœur « gros comme ça ». Mais c'est surtout Kevin Bishop, le petit frère grande gueule et gaffeur de L'Auberge espagnole et des Poupées russes qui crève l'écran. Après une première partie où il joue un ado (très) attardé éteint, sans vie, si transparent qu'on le remarque à peine, il explose à travers une colère qui scotche tout le public à son siège. Il est magistral dans cette fureur non contenue.

Passons rapidement sur cette multitude de détails minuscules, comme le fait que Miki mette une cravate à partir d'un certain moment, qui ont une grande signification, mais qui visuellement sont insignifiants et que pourtant tout le monde remarque. Passons également sur ces petites choses qui montrent toute la détresse dans laquelle vivent les parents du garçon, et qui transmettent cette misère indirectement. Ils sont autant de preuves de maîtrise du réalisateur et du soin minutieux qui a été apporté à chaque scène.

Drôle et délicat. Ce sont là les deux adjectifs parfaits pour décrire ce film. D'une justesse rare, il est à la fois touchant, émouvant et incroyablement cynique et acide. Un bijou.

 


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