Si Ocean's Eleven reprenait la trame d'un film éponyme des années 60, Ocean's Twelve ne comptait pas faire dans le remake. Un scénario original pour une brochette de stars hollywoodiennes comme rarement l'on a eu le plaisir d'en voir sur les écrans, et de surcroît tous de haute compétence. Un argument de poids, certes, et encore davantage si je vous dis qu'il s'agit également des premiers pas hollywoodiens de Vincent Cassel, repéré par Soderbergh pour son unique personnage français.
Dévalisé quelques années auparavant par l'équipe de « haut vol » de Danny Ocean (Georges Clooney), Terry Benedict (Andy garcia) retrouve par un mystérieux procédé la trace des 11 racailles s'en étant pris à son casino. Le contrat est clair pour chacun : soit ils lui remboursent la totalité du magot, alourdi de coûteux intérêts, dans deux semaines à venir, soit ces deux semaines seront leurs dernières. Grillés aux Etats-Unis, les 11 d'Océan s'envolent pour Amsterdam, pensant réaliser le maximum de larcins en très peu de temps afin de réunir la colossale somme requise...
Soderbergh reprend la barre, Clooney, Roberts, Garcia, Pitt, Damon, et les autres signent une nouvelle fois en tant qu'équipage, en s'adjoignant les services d'une combinaison paire d'yeux - tailleur bien porté (Catherine Z.) pour rajouter quelques grammes de finesse dans ce monde de (beaux) mâles. Une suite, oui, mais une suite grand standing à l'un des plus fabuleux casting de ce début de millénaire qui profite de son succès pour en rajouter une louchée dans la catégorie « affiche flamboyante ». Bien sûr, le revers des scénarios bondés de monde, c'est que le temps manque pour développer chaque tête de pipe comme il le devrait. Aussi, même si chacun joue un rôle primordial dans la succession des opérations menées par Ocean et sa bande, certains passent légèrement en retrait pour laisser plus de marge aux gros noms de la fiche technique, Clooney et Pitt en tête. La troisième place du podium sera pour Catherine Zeta-Jones, arrachant sa troisième place de peu à Matt Damon, alors que Julia Roberts et Andy Garcia rament vainement à plusieurs encablures du peloton de tête. En définitive, la plus grosse différence entre les deux opus aura été de pencher légèrement le second vers la comédie, parfois un peu au détriment du scénario qui décide de ne plus vraiment donner dans l'opération millimétrée. Le dénouement, notamment, se montre d'une étonnante fadeur. Une petite erreur de parcours dans le dernier virage, rien de bien vilain au regard du constat général de qualité du film, à la fois drôle et rondement mené par un spécialiste du genre qui semble jubiler de pouvoir diriger autant de comédiens compétents en même temps. Soderbergh fait bien quelques choix étranges de réalisation, place des plans un peu documentaires, des rouages filmiques affectant au film une identité visuelle plutôt bien foutue et particulièrement adaptée au sujet. On avalerait presque les capacités physiques de Vincent Cassel, un peu en déphase avec le reste du casting et finalement assez peu crédible en voleur de légende.
Une suite penchant un peu plus du côté comédie, toujours aussi ben menée par un Soderbergh des habitudes et son panel de vedettes visiblement contentes d'être réunies autour d'un même titre. L'intrigue un peu emmêlée, et la prestation de notre Cassel national, constitueront sans doute les maigres contre arguments opposés à un film de vraie qualité.
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