Pour moi il y a eu un avant apres orange mecanique. Avant de voir ce film le cinema m'interessait sans plus, apres l'avoir vu je me suis dit qu'aucun n'art n'etait plus beau que celui ci. Si je n'en avait qu'un ce serait celui-ci.
Au passage je trouve que le rapprochement entre Alex et Beethoven etait une idee de Genie le film y gagne en fureur et intensite et cela jusqu'au rictus final d'Alex dans son lit d'hopital qui ne cesse de hanter mes nuits et mes jours. Dieu que ce film est parfait.
Une critique de ce film manquée !
Je lai revu lors de la disparition de Kubrick (1999) sur France 2 et en seconde partie de soirée (Interdit au moins de 18 ans à sa sortie quand même !). Javais oublié combien ce film était éprouvant à regarder pour son ambiance, ses personnages et son histoire. Sans compter lutilisation exclusive de grands classiques musicaux qui détonnent complètement avec la rudesse de certaines séquences. Encore aujourdhui, jai du mal à lapprécier. Entendez par là : trouver du plaisir à le regarder. Sur la demande de Kubrick, Orange Mécanique a été interdit de diffusion en Angleterre jusquà sa mort (
). Tout cela à cause de nombreuses lettres de menace quil avait reçu suite à laffaire dont parle Kassad dans sa critique. Cest dire limpact qua eu ce film sur les hommes, les renvoyant à une image deux quils nacceptent pas en tant quêtres civilisés (conditionnés ?).
Je ne vais pas revenir sur laspect esthétique du film qui, effectivement, subit un peu les années car trop branché ambiance 70s. Ca a son charme. Ca aurait même tendance à le rendre plus kitch, donc plus abordable, moins choquant visuellement. En même temps, Kubrick compose ses images avec tellement de méticulosité (jaurai bien dit perfectionnisme mais ça fait trop "maladie mentale"), que le film est toujours aussi détaillé, riche et labyrinthique. Le propos dOrange Mecanique, quant à lui, ne perd pas une ride.
Kassad parle de deux parties, mais il me semble quil y en a trois : Le monde des Agresseurs ; la méthode Ludovico ; Le monde des Agressés. Ludovico est la partie charnière qui fait basculer le personnage principal d'un monde à l'autre. Cette méthode expérimentale consiste à bombarder le patient dimages chocs, sur fond de musique classique (
) dans le but de le dégoûter à jamais de lacte barbare et le rendre complètement inoffensif (en vue dune réinsertion).
A lintérieur de ces trois parties, ya tellement de thèmes abordés que ça serait dommage de ne pas en évoquer quelques-uns. La Violence, évidemment omniprésente dans le film et bien abordée par la critique de Kassad. Dailleurs, "ultraviolent" nest pas quun mot qui colle parfaitement à la peau du film. Je crois que ce mot est cité par lun des personnages et quil appartient au "russglais", lincroyable langage - fait de néologismes, dargot, de russe et tout plein dautres trucs^^ - inventé par Burgess pour Alex et sa bande . Ensuite, la Vengeance, qui, dans la troisième partie, est principalement à lhonneur avec les Agressés qui deviennent les Agresseurs. Et la Trahison, thème sous-jacent tout au long du film, souligne encore plus la fourberie des hommes entre eux. Jy rajoute le conditionnement par cette fameuse méthode Ludovico. Yaurait beaucoup à dire sur cette "méthode médicinale", sorte de lobotomie pour dépouiller un homme de sa capacité à réagir promptement (fantasme de toutes les dictatures).
En somme, Orange Mecanique peut se voir comme le portrait dun monde totalement pessimiste, sans échappatoire, sans morale. Juste une succession de situations chocs et décadentes qui démontrent que lhomme ne sen sortira jamais, et que même en utilisant des méthodes brutales (qui ne servent à rien, encore plus dans le bouquin de Burgess), la violence - sous toutes ses formes - est inhérente à sa condition. Cest un constat qui nest pas nouveau, mais toujours autant atroce. Dun autre côté, Kubrick fait son cinéma et nous montre un monde fantasmatique où les pulsions sont légions, un monde qui pourrait ressembler au notre si nous navions pas quelques miettes de déontologie.
Kubrick na j'amais aime l'humanitee, et ce monde decrit dans orange mecanique serait peut etre la vision d'un homme du passe sur notre present. Tres franchement qu'y a t-il dans orange mecanique qui n'ai pas deja ete vecu a notre epoque?
Une critique de ce film manquée !
) dans le but de le dégoûter à jamais de lacte barbare et le rendre complètement inoffensif (en vue dune réinsertion).
J'avais mal interprété ta phrase.
C'est le "deux parties symétriques" que je ne comprends toujours pas.
Elles ne se ressemblent pas du tout, je trouve. Le film est plus complexe.
Tu peux développer un peu plus ?
Les deux parties sont biens symétriques en ce qu'il rencontre les mêmes personnes dans les mêmes conditions mais dans des rôles opposés : c'est lui la victime (de ses parents, des sans abrits, de ses anciens camarades et du romancier). Et le miroir qui le fait passer du statut de bourreau à celui de victime est le traitement ludovico.
Ben bravo !
Ce nest pas parce que TOUS les ouvrages de cinéma parlent "symétrie" que cest uniquement dans ce sens que le film doit être lu. De plus, ce nest pas parce que TOUT LE MONDE (qui cest ces gens qui sont tous daccord ? Doivent drôlement sennuyer dans la vie, nan ?) avance une hypothèse quelle doit forcément être la seule. Le film de Kubrick mérite une analyse moins directionnelle. Ya largement la place pour que chacun amène sa pierre à lédifice (et pas la même pierre que celui du voisin, tant quà faire^^).
Encore une fois, je suis désolé, mais je crois quon a un problème de vocabulaire. Je suis chiant avec ça, mais il me paraît important de creuser un peu pour éviter les malentendus, ou tomber dans le convenu. Et puis ça me saoule ! Quand un critique ou analyste ne sait pas trop quoi dire sur un film (surtout un film de Kubrick), vous avez jamais remarqué quil parlait géométrie et ne cherchait pas à ressentir le film de manière plus humaine ?
Pour moi, quand tout le monde ( ?) parle de "symétrie", cela signifie quon se retrouve dans la même situation que précédemment. Ce nest pas faux, principalement au niveau de la structure filmique (typique chez Kubrick). Et cest vrai quil y a plein de similitudes. Mais la première partie et la troisième nont de correspondances que les personnages et les lieux (normal, ça se passe dans un contexte spécifique lol). Les situations sont, par contre, plus quopposées. Elles divergent radicalement et se condensent autour dAlex comme un piège à loup surprenant son ancien braconnier. Le personnage nest plus dans une structure "symétrique" à la première partie. Il est, pour moi, dans un tourbillon déchaîné où tous les éléments du film vont jouer contre lui (ce qui nétait pas le cas dans la première partie). A la rigueur, on peut parler de basculement de situations. Mais cest plus anarchique que cela.
Dautre part, jai lu à droite et à gauche que la partie Ludovico nest quun point dencrage entre 2 grandes parties. Je suis pas daccord. Cest une partie intégrante dans laquelle le personnage principal expérimente autre chose, se transforme en quelquun dautre. Et pendant cette phase de rééducation brutale, le monde connu de la première partie se transforme lui aussi en un autre monde. Limage du miroir est pas mal, mais elle ne correspond pas à la structure du film. Ou alors, cest un miroir déformant, ce qui na plus rien à voir avec de la "symétrie", je pense.
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Faut pas le prendre pour vous, hein. Je cherche juste à avoir un autre angle dapproche et ne pas trop participer à gaver une espèce didée universelle qui aurait tendance à dormir sur ses lauriers. Cest pas une démarche facile. Cest parfois maladroit. Mais ya que comme ça quon peut essayer de dégager dautres idées sur une réalisation aussi complexe quOrange Mecanique.
Si Kubrick n'avait pas aimé l'humanité, il ne nous aurait pas laissé de chef d'oeuvre comme 2001 l'Odysée de l'espace ou Full Métal Jacket. Une création artistique est une preuve d'amour.

je n'entendais pas par la le mot humaniste. Ou vois tu dans l'oeuvre de Kubrick que l'homme est places au dessus de tout. Je pense qu'il n'y a chez Kubrick aucun film apte a etre qualifie d'humaniste. C'est en cela que je l'opposait a Kurosawa dont les films quand a eux humanistes a fond.
C'est en cela que j'aime bien les opposer car pour moi tres peu de gens peuvent se comparer a ces deux la, ces deux diables du cinema qui en chacune de leurs oeuvres on atteint une perfection incomparable
Ahhh Orange Mécanique et Kubrick... Film culte pour un réalisateur culte?
Certes le film est bon, très bon mais il manque quelque chose, et ce n'est pas dû je pense au vieillissement plutôt mauvais de ce film...
J'ai malheureusement lu le livre de Burgess avant de voir le film. Et comment dire? On ressent toute la différence entre les deux médias. Et pourtant c'est la même histoire, les mêmes personnages, les mêmes lieux et les même scènes. Mais le livre, mes amis, le livre est un monument, oscillant entre la beauté (le héros quand il écoute la musique) et le dégoût (juste après la méthode)...
Ceux qui voient dans le film un chef d'oeuvre n'ont certainement pas lu le livre.
On ne compare pas un livre a un film, celui qui fait ca n'a aucune definition de l'art.
Libre a toi de ne pas aimer le film de Kubrick mais il ne faut en aucun cas le compare avec l'oeuvre de Burgess ce serait une erreur une grande erreur car le cinema est une vision differente de l'art. La litterature peut se permettre bien des choses que le grand ecran ne pourra jamais retranscrire.
"un monument, oscillant entre la beauté (le héros quand il écoute la musique) et le dégoût (juste après la méthode)... "
Autre difference tu imagine le heros ecoutant la musique et tu trouve cela beau, dans le film tu vois et entend le heros ecouter de la musique est bien que l'imagination soit une vertue il me semble quand meme trouve plus beau cette mise en scene du livre.
Clockwork Orange, c'est comme un somptueux diamant sur une alliance à l'or terne . On se le transmet par héritage et de temps en temps, je le porte au doigt de mon esprit 

Joli 
est ce que quelqun saurait combien vaut l'affiche en noir et blanc ou alex est représenté en criant sur 15 photos environs en une seule affiche . Merci d'avance !!
Très bon article, très bonne analyse.
Ce film me passionne toujours autant depuis que je l'ai vu pour la première fois. Il fait partie des oeuvres qui ont suscité chez moi un choc esthétique. Il est immortel, son enseignement ni la mise en scène futuriste et kitch créés par Kubrick ne se démoderont jamais.
Perso, à chaque fois que je vois ce film
je bois du lait pendant plusieurs jours...