Dans un sens, Michael a une attitude plus que compréhensible, celle de ne pas vouloir annoncer chaque jour à sa femme le nombre de cadavres qu'il a ajouté au compteur aujourd'hui au boulot. Mais là où il se trompe, c'est en croyant qu'il agit pour le bien de sa famille
A mon sens, il cache la vérité à sa femme car il en a toujours été ainsi dans la famille Corleone : Vito nexplique pas doù sort le tapis et sa femme ne lui pose pas la question. Pourquoi ? Parce que les deux sont siciliens et savent quil y a des choses à ne pas savoir. Kay est américaine, na pas la même culture de lomerta que Coppola a si bien dépeint dans ce film : la mère de Vito demande au Don dépargner son fils en échange de son silence (à noter le mutisme du garçon), à Ellis Island le petit Vito ne parle pas (mais chante seul dans sa « chambre »), Clemenza demande à Vito de garder le sac sans regarder dedans, etc etc. Bref Coppola nous plonge dans la culture sicilienne : « Je ne sais rien, je n'ai rien vu, je n'étais même pas là - et si j'y étais, je dormais». Lignorance est la meilleure protection, cest de cette façon que Michael protège sa famille dune part, et surtout La Famille dautre part. Il existe un tel fossé entre les deux mentalités, les deux cultures, que tout ceci est voué à léchec. Appolina aurait été une bien meilleure compagne pour Michael.
Si dans le premier épisode de la trilogie, Michael agit pour sauver son père, ce n'est ici plus le cas, comme ce ne l'était déjà plus lors du bain de sang clôturant le premier film
Oui et non, les choses sont plus complexes : il agit pour protéger son père mais aussi par vengeance et par mise en garde : qui touche aux Corleone doit être prêt à mourir
L'affrontement qui suit permet au spectateur de prendre pleinement conscience du monstre qu'est devenu Michael au fil du temps, pourri par sa soif de puissance et les sacrifice qu'il à fait faire à ceux qu'il aime.
Comment devrais réagir un sicilien catholique quand sa femme lui annonce quelle le quitte et prend ses enfants avec elle ? Et bien de sa manière : les enfants reste dans la Famille et la femme est répudiée.
On comprend à quel point c'est au contraire le boulot qui sert de prétexte à des gens comme Michael Corleone à assouvir des envies de massacre, car le meurtre est aussi nécessaire à ce genre de personne que l'argent pour se sentir puissant
Mauvaise interprétation je pense : lesprit de vengeance sicilien fait quil fait tuer son propre frère. Cet état desprit est mis en relief par le retour de Vito en Sicile et par le meurtre du Don, 20 ans après. Le meurtre nest quun moyen, pas une fin. De même que toutes ses actions : Michael ne tue pas par plaisir, mais bien parce que la loi du milieu le lui ordonne : cest la Famille Corleone ou les autres. De son point de vue il est clair que ce sera les autres, même si il doit sacrifier son frère. Ne pas réagir face à cette trahison aurait été pris pour une faiblesse. Et les faibles meurent. Dire quil doit assouvir ses envies de massacres pour se sentir puissant nest même pas réducteur, cest tout bonnement faux. La preuve en est : il essaie par tous les moyens de légaliser les activités de la Famille pour quelle soit respectable mais son passé (de la Famille jentend) rattrapera inéluctablement le destin des Corleone : qui règne par lépée périra par lépée. Mais cela, je laisse la critique sur la troisième partie en faire la démonstration
Même si je ne suis pas toujours d'accord sur l'interprétation de film et de ces acteurs, je rejoins la critique en saluant bien bas cette oeuvre qui mérite largement sa place sur votre étagère.
A noter que "Le parrain 1" et "Le parrain 2" sont respectivement classés 3ème et 32ème meilleur film américain de l'histoire (le premier étant.... Citizen Kane) selon l'American Film Institute