Le Pirate noir

Critique par riffhifi - le 27/05/2007 Affiche du film Le Pirate noir
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8.5/10
Flibuste muette mais colorée
vote internaute
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Douglas Fairbanks est plus ou moins l’inventeur du cinéma d’aventures. En moins de dix ans, il a immortalisé à l’écran Zorro (deux fois), d’Artagnan (deux fois), Robin des Bois et le voleur de Bagdad. Et ce Pirate Noir, s’il n’est pas le premier film de pirates du cinéma (il y eut notamment une adaptation de l’Île au trésor en 1918), n’en est pas moins celle qui ouvrit la porte à tous les fleurons du genre qui virent le jour par la suite : L’aigle des mers avec Errol Flynn (1940), Le cygne noir avec Tyrone Power (1942), Le corsaire rouge avec Burt Lancaster (1952), Pirates de Roman Polanski (1986), L’Île aux pirates de Renny Harlin (1995) ou encore la récente trilogie Pirates des Caraïbes (2003-2007).

Le duc Michel d’Armoldo voit son père mourir dans ses bras suite à une attaque de pirates. Jurant de le venger, Michel parvient à intégrer la bande de pirates…

Fairbanks action man
Fairbanks action man
« Une histoire pleine de boucaniers, du Grand Espagnol du Pavillon Noir, du Galion d’Or. De crânes blanchis, de trésors enfouis, de madriers, de dagues et de coutelas, de navires sabordés, de naufrages, d’actes héroïques, de héros et même, dans ces contrées sombres, de Romance. »

Toute cascade bondissante mise à part, le Pirate noir possède une particularité unique : il s’agit du premier film tourné en couleurs. Pas colorisé à la main, comme cela se pratique depuis les balbutiements du cinéma. Non, tourné en Technicolor bichrome sous la double supervision du chef opérateur Henry Sharp et du directeur artistique Carl Oscar Borg. Le résultat est évidemment daté, la teinte de peau des personnages est d’une couleur surprenante par exemple, mais les tons rouges ressortent particulièrement bien et soulignent la magnificence des costumes et des décors. L’influence avouée des responsables de la couleur était l’œuvre de Rembrandt.

Fairbanks lover boy
Fairbanks lover boy
Bien qu’en couleurs, le film reste muet, car le son ne fera son apparition de manière convaincante que dans les années 30. Fairbanks et ses centaines de figurants doivent donc faire assaut de fougue pour occuper l’écran au mieux. Le film, comme il se doit, est rempli de scènes d’action et de personnages pittoresques (mention spéciale à l’écossais manchot).
La cascade la plus connue, qui constitue en quelque sorte la signature du film, est celle où le pirate noir descend le long de plusieurs voiles avec son poignard, déchirant la toile au passage. Nul ne sait à ce jour si la scène a été effectuée par Douglas Fairbanks lui-même (athlète confirmé) ou par l’une de ses doublures.

80 ans avant Johnny Depp, Douglas Fairbanks était le roi de la flibuste. Respect éternel.


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