Notation détaillée
Les bonus - 6/10
Le DVD - 8/10
Le film - 8/10
Actuellement dans votre magasin de DVD et chez les marchands de journaux, l'édition dite "collector" de Planète Terreur caracole à 20 euros et fait de l'œil au spectateur qui a pris son pied au cinéma il y a 6 mois. Présentée dans un packaging apparenté à celui de Boulevard de la Mort (moins épais puisque ce dernier contenait un calendrier grossièrement promotionnel), elle ne dépare pas sur l'étagère
du collectionneur. En terme de contenu pourtant, l'objet se moque un peu du monde, et représente une quasi-arnaque au regard de ce qui est annoncé dans le coffret Grindhouse prévu prochainement avec les deux films. Si vous n'aimez pas Boulevard de la Mort, tant pis pour vous.
Le film, bien entendu, reste la friandise explosive découverte en salles. Bien que l'effet "copie abîmée" et les multiples trouvailles visuelles trouvent un impact et une justification plus fortes en cinéma qu'à la télé, le plaisir est toujours au rendez-vous. Une fois que vous l'aurez vu quatorze fois, avec ou sans amis, avec ou sans nourriture mexicaine, et que vous l'aurez bien digéré (ainsi que la nourriture mexicaine), vous pourrez le revoir avec les commentaires de Robert Rodriguez. Les commentaires audio qui valent le détour ne sont pas si courant : vous y apprendrez entre autres que le scénario de Machete existe depuis 1993, et que Rodriguez regrette de n'avoir jamais pu tourner le film pour lancer la carrière de son acteur fétiche Danny Trejo. Certaines informations recoupent celles des bonus, mais la plupart sont simplement spontanées et enrichissantes. On surprend le réalisateur à citer copieusement John Carpenter au sujet de la musique et de la mise en scène, ce qui confirme l'influence de ce dernier sur Planète Terreur (il est crédité dans les remerciements au générique).
Le deuxième DVD contient à peine une heure de bonus, répartie en six featurettes vite expédiées où on apprend, entre autres, comment l'effet spécial « jambe-mitraillette » a été créé, ou encore que Rodriguez a fait tourner son fils, son médecin et son agent immobilier dans le film. Mais plus de la moitié de l'heure en question consiste en un simple inventaire des personnages et des acteurs, qui passent leur temps à louer les qualités de leur camarade et du réalisateur. De la promo bien consensuelle comme on l'aime pas. Et ne cherchez pas le bonus caché : il ne recèle qu'un logo animé pourri probablement caché là par un stagiaire malicieux. Inutile de dire que les bonus que tout le monde attendait étaient :
En fin de compte, le supplément le plus intéressant ne se trouve pas sur le deuxième DVD, mais sur le premier : un extrait de 23 minutes de la convention Comic Con de 2006, où Quentin Tarantino et Robert Rodriguez venaient présenter leur projet et répondre aux questions des geeks. Pleins d'un enthousiasme, les deux hommes vendent le concept avec ardeur et (osons le dire) une bonne dose de prétention, Tarantino en tête. Le réalisateur de Kill Bill n'est pas connu pour sa modestie, et Rodriguez paraît presque timide à côté de l'intarissable moulin à parole.
Incontournable si vous ne voulez que cette moitié de Grindhouse, la version collector n'est qu'un apéritif évitable si vous visez le diptyque : attendez le coffret complet.
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