Rencontres à Elizabethtown

Critique par Vincent.L - le 03/11/2005 Affiche du film Rencontres à Elizabethtown
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7/10
Elizabethtown
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Après avoir fait perdre presque un milliard de dollars à la compagnie de chaussures dans laquelle il travaillait, Drew Baylor (Orlando Bloom) veut mettre fin à ses jours. Au moment de passer à l'acte, il reçoit un coup de fil qui lui annonce la mort de son père...

Rencontres à Elizabethtown, le dernier film de Cameron Crowe, donne amplement dans la romance et les réponses existancielles qui se veulent absolues. Commençant sur un ton sarcastique, le nouveau long métrage du réalisateur de Jerry Maguire et Almost Famous rappelle souvent le récent Garden State de Zach Braff. Accompagnés par une musique pop et folk, on suit la chute savoureuse (bien que cruelle) du héros Drew, son jeu de cache-cache sentimental avec Claire Colburn (Kirsten Dunst) et sa renaissance progressive à Elizabethtown, petite ville du Kentucky profondément meurtrie par la disparition de Mitch Baylor (Tim Devitt), le père de Drew. Outre les prestations éclairs et néanmoins appréciables d'Alec Baldwin en patron superstitieux et de Jessica Biel en petite amie (forcément) superficielle, on retient particulièrement l'interprétation de Kirsten Dunst qui retrouve un charme foudroyant qu'elle n'avait jamais vraiment regagné depuis Virgin Suicides. La splendeur de ses cheveux d'or, ses sourires, ses regards tendres et expressifs ainsi que ses audaces de séduction lui procurent la plus grande force du film. En face, Orlando Bloom, malgré une beauté évidente, fait apparaître ses limites lorsqu'il doit exprimer le doute. Il se contente trop souvent de garder un air niais qu'il maîtrise à la perfection depuis La Communauté de L'Anneau. Susan Sarandon, au travers d'une de ses seules scènes, livre une sorte de « one woman show » dont l'exécution pleine de classe et de justesse force l'admiration.
Jusqu'à la dernière demi heure, Crowe réussit une oeuvre quasiment irréprochable où se mêlent scènes doucement comiques, jeux de séduction et réflexions sur la perte d'un être cher et populaire. Le « road trip » final part dans une évocation flash de grandes icônes américaines (Luther King, Elvis, Buckley) qui participent au regain d'envie de vivre du héros. Dans cette partie, la barrière de la niaiserie est franchie, ce qui atténue la finesse du reste. Crowe semble avoir voulu taper très fort et profond. Résultat, il donne une leçon trop explicite et finalement assez banale.

Belle et drôle apologie de la vie et de l'amour pendant 1h30, Rencontres à Elizabethtown s'égare dans une conclusion poussive moraliste et niaise.


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