La Ruée vers l'or

Critique par Filipe - le 18/02/2003 Affiche du film La Ruée vers l'or
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9/10
Charlot à la montagne...
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Nous sommes en 1923. Charlie Chaplin est enfin devenu un cinéaste indépendant. Un jour, il tombe sur une photo représentant une file impressionnante de chercheurs d'or en train de gravir le chemin de Chilkoot Pass. Au dos, la légende décrit les conditions de vie extrêmes de ces hommes venus par milliers faire fortune pendant la célèbre Ruée vers l'or de 1898.

On retrouve cette file des chercheurs d'or dès les premiers plans de La Ruée Vers l'Or. Nous sommes en 1898. Charlot lui aussi est devenu un chercheur d'or. Mais pris dans une tempête, il tombe sur un bandit, Black Larsen. Il est sauvé de justesse par un certain Jim McKay, alias Big Jim. Tous deux réunis vont vivre quelques aventures dans la neige du Klondyke.

La Ruée Vers l'Or fut tourné en studio et nécessita des moyens colossaux. Pas moins de 6 tonnes de plâtre furent utilisées pour les décors enneigés. Ce film reçut un accueil mitigé à sa sortie, le public n'ayant pas bien perçu l'évolution du cinéma chaplinien qui était en train de se faire: un cinéma davantage teinté de mélancolie.

La Ruée Vers l'Or prend vraiment des allures de comédie dramatique, malgré sa Happy End. L'on passe rapidement et sans transition de la tristesse à la joie, du rire aux larmes, et inversement. On rigole plus souvent bien entendu, grâce une fois de plus au talent d'interprétation de ce clown de Chaplin, qui continue de courir un peu partout, de sauter dans tous les sens, de tomber de haut et de multiplier avec son seul visage les expressions de joie, de peine, d'incompréhension ou de peur.

Il vous est impossible de rire sans étouffer un sanglot ou de pleurer sans qu'aussitôt ne surgisse, à votre insu, un éclat de rire. Car ce film est à la fois la plus drôle et la plus triste des comédies. (New York Daily News, 1925)

La Ruée Vers l'Or revêt cette allure caractéristique de son auteur: c'est un peu un poème qui nous est narré. Le cadre retranscrit est celui de la haute montagne et l'on se prend à rêver. A noter que Charlot tombe éperdument amoureux, ce qui le rend encore plus attachant et émouvant (pensez à la danse des petits pains, véritable point culminant du film). Ce qui fait de La Ruée Vers l'Or un authentique chef d'oeuvre romantique.

Et c'est encore dans ce film que le travail de Chaplin prend toute son ampleur : ce qu'il essaie de montrer depuis longtemps, c'est le combat d'un être seul face à une société égoïste qui le prend pour une sorte d'inadapté.

En 1942, une nouvelle version de ce film a été présentée au public, dans laquelle Chaplin lui-même apportait ses propres commentaires, à la manière d'un narrateur. Je dois avouer que parmi toutes les oeuvres de ce cinéaste, La Ruée Vers l'Or compte énormément à mes yeux.


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