Comme pour le numéro 2, saluons tout d’abord l’histoire tant l’on y voit encore une fois une réelle évolution des personnages et de leur milieu. Après le mariage et la découverte des beaux-parents, la prochaine étape qui attend le monstre vert est bien évidemment la paternité. Voilà pour le côté personnel. Niveau aventure, Shrek doit assurer la pérennité du royaume de Fort Fort Lointain en allant chercher le jeune Arthur (bonjour à la parodie de l’univers de Camelot) et en arrêtant le coup d’Etat préparé par Charmant, le prince au brushing.
La franchise Shrek est une machine bien rodée. Cet épisode l’est sans doute encore plus que les autres. Vous voulez du Shrek ? Vous en aurez ! Tous les éléments sont réunis pour plaire : un humour farfelu, quelques dialogues piquants, une bonne dose de second degré, une morale, des scènes d’action délirantes et des personnages secondaires haut en couleur. Seulement, à force de vouloir en faire trop et trop bien, le film perd par la même occasion en spontanéité. Tout semble plus calculé, plus travaillé, et de nombreux passages comiques semblent ainsi parachutés pour convenir au catalogue des blagues indispensables. Mis à part deux ou trois très bonnes idées réellement hilarantes, le reste du film fait davantage sourire que rire. C’est sans doute dû à la ribambelle de personnages portés à l’écran. En une heure et demi, ce n’est pas évident de mettre tout le monde en valeur, et mis à part Shrek, les autres deviennent des faire-valoir. L’âne manque de bonnes répliques et de temps de parole, à l’instar d’un chat potté aux griffes moins acérées. On remerciera tout de même Pinocchio et le petit bonhomme gâteau, tout bonnement excellents.
Un peu moins déjanté et plus calculé que les épisodes précédents, Shrek le troisième marque un peu le pas. Mais cette baisse de niveau n’enlève en rien la qualité de divertissement de ce troisième opus, toujours entraînant, ni son capital sympathie. Les fans de Shrek vont adorer mais les autres vont être durs à conquérir.
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