Je conseille à tout le monde l'interview dans le dernier Ciné Live, ça vous en apprend beaucoup sur le personnage bien detestable qu'est Moore.
Détestable parce que ...
Je trouve que Moore commence à être gonflant avec son côté donneur de leçon. Quand il faisait le rôle du poil à gratter avec ses premier "doc-enquête" comme Roger & Me ou Bowling for Coloumbine c'était vraiment excellent, là ça commence à être lourd.
Toute la première partie sur les Etats-Unis passe pas trop mal avec l'ironie grinçante qu'on connaît à Moore, par contre quand il part à l'étranger pour parler des systèmes de santé ça se gâte.
Cuba est encensé et la France a un système magnifique sans dette aucune, c'est encore mieux quand on prend pour exemple un couple français qui se fait 8000€ par mois.
Pour moi Moore a pris la grosse tête et déverse ses vérités avec un côté moralisateur et donneur de leçon assez horripilant.
Pas plus de 5/10 pour moi (et encore je trouve ça généreux).
L'histoire du couple français a été vachement monté en épingle. Dans le film, il est dit qu'ils gagnent entre 6 et 7000 € euros par mois ; ils travaillent tous les deux, et lui est ingénieur. Ils ont trois enfants, donc touchent si je ne m'abuse des sous en tant que famille nombreuse. L'un dans l'autre ça n'a rien d'absurde ; ce n'est peut-être pas l'exemple le plus moyen, mais ce n'est pas extrême. Et arrondir "6 à 7000" en "8000", c'est assez malhonnête
Detestable parce que ... lis l'interview c'est bien plus explicite que moi disant : "Michael Moore est un frustré qui dénonce la malbouffe mais en est l'exemple parfait, dénonce la manipulation médiatique et l'ommission d'informations mais l'utilise alègrement dans ses films, critique l'Amérique mais se refuse à la quitter..."
Le tout est présenté à la manière habituelle du réalisateur, avec (...) un refus radical de laisser s'immiscer le moindre contre-exemple dans sa démonstration
Tout est dit.
D'accord avec la critique de Riffhifi. Une première partie percutante mettant en avant le système de santé assez catastrophique ( c'est le moins qu'on puisse dire ) des Etats-Unis , et une deuxième partie en Europe qui l'est bien moins car manquant souvent d' objectivité pour mettre en valeur le shéma USA = enfer / le reste du monde = paradis ( Le passage en France en est l'exemple le plus frappant ). Cette seconde partie parfois risible enlève donc beaucoup de forces au documentaire de Moore mais il n'empêche qu'il le fait avec le coeur et ça se ressent énormément. Avec Sicko le réalisateur a peut-être réalisé un film bancale souvent naif , clairement en-dessous du grand Bowling for Columbine , mais d'une grande sincérité , parsemé d'humours et d'impertinences , et mine de rien ca fait du bien à voir au milieu de tout ce conformisme.
J'ai vu Sicko hier. Evidemment le voyage des systèmes de santé peut être risible quand on connaît le système de l'intérieur, mais si on se place du simple côté du patient, alors le système est génial. Et tant pis pour les dettes etc. D'ailleurs, à ce propos, dans quel état sont les systèmes canadiens, anglais ou cubains?
De toute façon, on connaît Michael Moore. Comme le dit Vincent, il manipule médiatiquement. Mais s'il veut faire avancer la société dans son sens, il faut qu'il utilise les mêmes moyens que ses "adversaires" qui, eux, ont moins de scrupules.
Il n'en reste pas moins que ses exemples sont frappants, notamment la prime des médecins des compagnies d'assurance en fonction du nombre de dossiers qui sont refusés. Si on peut reprocher à Moore d'omettre des faits, ceux qu'il présente sont vrais, notamment au niveau de l'Etat du système de santé américain (37ème pour la World Health Organisation, la France est 1ère).
Personnellement j'ai été finalement assez convaincu par son documentaire, malgré tous les défauts qu'on peut lui trouver (et il y en a beaucoup).