Sleep Dealer

Critique par Guillaume - le 04/12/2008 Affiche du film Sleep Dealer
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Mon slip dit l'heure. Pourtant, on ne rigole jamais.
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Dans quelques années, le marché de l'eau mexicain sera peut-être régi par des sociétés privés. On utilisera sa carte de crédit pour acheter quelques litres d'eau au prix fort. Pour peu que l'on soit agriculteur, on image très bien la difficulté de survivre.
Je suis un casque du passé ! Oups. Du futur en fait !
Je suis un casque du passé !
Oups. Du futur en fait !
La famille de Memo Cruz (Luis Fernando Peña) est justement dans ce cas de figure. Rien ne se profile à l'horizon si ce n'est la pauvreté et la galère. Tandis que le père s'escrime à faire pousser quelques plans de maïs, Memo écoute, à travers un bricolage façon CB, les échanges téléphoniques des gens de la ville, afin de s'évader. Jusqu'au jour où son installation moucharde est détectée, et qu'un drone de combat piloté à distance détruise la maison et tue son père.
Resté seul en compagnie de sa mère et de son frère, il décide de partir à la ville afin de travailler et pouvoir envoyer de l'argent à sa famille.

Dans un futur où les ouvriers travaillent à distance aux USA en dirigeant des robots  à travers des dispositifs de réalités virtuelles, il est indispensable de se faire greffer des nodules à même la peau afin de pouvoir se connecter au réseau. La nouvelle vie de Memo s'accompagne d'une rencontre, celle de Luz Martinez (Leonor Varela), elle aussi à la recherche de changements.

Luz contemplant son ordinateur
Luz contemplant son ordinateur
Sleep dealer est un film de science-fiction, plus exactement d'anticipation, qui dresse un portrait des préoccupations contemporaines en mettant en exergue certains problèmes que l'on peut imaginer voir émerger.

Que ce soit la privatisation des ressources vitales, l'amplification du fossé social et des inégalités (les ouvriers ne se rendent même plus dans les pays riches, on les fait travailler à distance), les dérives des réseaux sociaux (on y vend ses souvenirs) ou encore les dérives de la télé-réalité policière, Alex Rivera aborde des thèmes qui lui semblent chers.

En tout humilité, le réalisateur met en scène un univers crédible où le héros semble être davantage un spectateur contraint et forcé qu'un acteur. Il ne se révolte pas contre le système, il se contente d'essayer d'améliorer sa vie de tous les instants. Il veut s'en sortir plutôt qu'en sortir. Les différents problèmes de société évoqués ne sonnent pas à ces oreilles comme des injustices, ils font partie de l'arrière-plan, ils sont admis. Ce qui d'ailleurs épargne toutes réclames moralisatrice. On y réfléchira forcément, mais sans être obligé de suivre une voie toute tracée.

Un film futuriste sans clochards ? Impossible !
Un film futuriste sans clochards ? Impossible !
Pourtant, si le scénario et ce qu'il implique donne à Sleep dealer une réelle qualité, les moyens techniques sont un peu à la traîne. On est bien loin de la grosse production qui maîtrise sa photographie car elle possède le matériel nécessaire pour obtenir exactement ce qu'elle souhaite. On est plutôt dans le camp du système D. De fait, le film n'apporte pas un apport graphique particulièrement intéressant. Parfois, à l'image des casques des pilotes de drones, on sombre même dans le kitch.

Finalement, on se prend à rêver d'un Sleep dealer retourné avec davantage de moyens afin de permettre d'obtenir un écrin à l'image de son contenu.


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