Snowboarder

Critique par Nicolas - le 12/09/2003 Affiche du film Snowboarder
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Avis de poudreuse, quand le cinéma français s'attaque aux sports de glisse façon The Extremists, on peut s'accorder le droit de redouter le navet tout shuss. Olias Barco, réalisateur de clips, forme en 1998 le projet d'un film sur les adeptes du snowboard et l'envers de la compétition professionnelle, avec une très nette vision de ce que sera son oeuvre : Du blanc à perte de vue, trois ou quatre types creusant des tranchées dans ces vastes étendues de neige, et peut-être s'il reste un peu de temps un scénario pour crédibiliser le tout.

Sous un petit travail dans une boutique de l'Alpe d'Huez, Gaspard nourrit le rêve insensé de devenir snowboarder professionnel, la relève de la star Josh Atterssen. Et le vent semble bien tourner quand le champion découvre le jeune homme et le recrute, l'invitant pour un entraînement intensif à Gstaad en Suisse. Gaspard découvre alors la face cachée d'un monde de paillettes et de luxure...

« Le snowboard, c'est cool », a dû se dire Olias Barco avant de mettre sur les rails son premier film. « J'y mettrais plein de scènes de snowboarder, avec de la neige partout, et un hélicoptère et... Mince, il faut un scénario ! ». A la limite, sans, c'aurait été mieux. Gaspard, le héros terroir français, découvre le monde du show-biz et les malversations masquées par la célébrité, aveuglé dans un premier temps par l'éblouissante aura de son champion Josh. Rires. Si vous ne connaissiez pas Nicolas Duchauvelle et Grégoire Colin, les deux "acteurs" affectés aux rôles principaux, votre envie de les oublier aussi sec augmentera exponentiellement à mesure qu'ils débiteront leur texte. Sans parler des discussions techniques à propos du snowboard et du « comment ne pas se vautrer comme une grosse truffe », aussi passionnantes que celle de deux Furbys placés l'un en face de l'autre. Car Snowboarder se veut être avant tout un drame humain, une ambition tellement démesurée pour autant de frêles épaules que c'est l'aspect qui plonge le film dans la catégorie des horreurs sans nom. Pourtant, les amateurs de poudreuse pourront, entre deux phases d'ennui profond (mais vraiment profond profond profond), se régaler de quelques scènes de glisse plutôt efficaces et très correctement suivies, avec quelques petits effets de style sympathiques et pas vilains du tout.

Une minable et longue démonstration de snowboard affublée d'un scénario très très léger, d'acteurs frisant l'amateurisme, de dialogues à se couper les oreilles, et d'une morale éculée et récurrente sur la quête du succès et ses travers. The Extremists était mieux, et cela veut tout dire.

P.S. : A noter, deux guest stars : Thierry Lhermitte en moniteur de ski du nom de Popeye (référence aux Bronzés font du ski), et Clara Morgane en strip-teaseuse.


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