Le cinéma français aime les titres en forme de phrase. Je vais bien ne t'en fais pas, Pars vite et reviens tard...
Si je puis me permettre de ramener ma fraise, tout un pan de la littérature française semble également être atteint par ce penchant pour les titres à rallonge guimauves et ronflants...
Pour preuve, les deux oeuvres citées ci-dessus sont justement issues des deux romans du même nom (que l'on doit respectivement à Olivier Adam et Fred Vargas).
Mais il y a pire. Anna Gavalda confie : Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Musso nous fait un magnifique combo Je reviens te chercher Parce que je t'aime Seras-tu là ?, Lévy rumine Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites, Marion Ruggieri veut bien sortir mais Pas ce soir, je dîne avec mon père, Beigbeder déclare que L'Amour dure trois ans... et je vous laisse compléter la liste au gré de vos découvertes...
La marionette de Denisot remixe d'ailleurs avec une savoureuse lassitude tous ces titres de filmsàlacon.
Suis pas sûre que ce mélange démographique existe vraiment, les banlieues étant très cloisonnées et les écoles aussi. En plus, une mère qui laisse seul chez elle un enfant mineur, en cas de pépin elle tombe sous le coup de la loi. Donc la pancarte de la fin sonne faux effectivement, on sait bien que c'est de la pure fiction tout ça. Mais plus c'est farfelu et inégal, plus on se laisse embarquer dans ce mélange de désarroi existentiel et de fantaisie burlesque.