Se souvenir des belles choses

Critique par Filipe - le 11/02/2004 Affiche du film Se souvenir des belles choses
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8/10
Memento, empreint de romantisme.
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Claire est une jeune femme réservée d'une trentaine d'années qui souffre depuis peu de légers troubles de la mémoire. Conduite par sa soeur dans un centre pour amnésiques, elle y fait la connaissance de Philippe, un homme plus âgé qu'elle, qui a perdu la mémoire lors d'un tragique accident de voiture. Ils tardent un peu à admettre l'intensité des sentiments qui les unit et s'installent bientôt sous un même toit. Seulement, Claire peine de plus en plus à exprimer cet amour qui la dévore. Pour faire court, disons que son état cérébral s'aggrave de jour en jour.

Il y a des films dont il est difficile de parler, non parce qu'on ne les a pas aimé (c'est tout le contraire) mais parce que l'on ne sait pas bien de quelle façon exprimer le plaisir ressenti (Jean-Julien Primack, Ciné Libre). Certes. Cette chronique s'achève donc de façon prématurée, moi-même étant dans l'incapacité de traduire mon émotion en un discours suffisamment homogène et cohérent pour être édité puis librement consulté sans nécessiter le moindre pré requis de la part de chacun d'entre-vous, lecteurs. Le premier film de Zabou Breitman est un exemple de tendresse et de délicatesse, qui transforme un effort de psychanalyse en une formidable leçon de savoir-vivre et d'espérance, sans jamais user de larmes en lieu et place d'une stratégie argumentative concrète et sensée. Certains troubles aigus de la mémoire peuvent provoquer de graves crises identitaires. Peut-on réellement envisager une vie sans une once de mémoire ?

Admettons que certains aspects de cette lourde analyse qui est entreprise au cours du film n'ont été qu'effleurés ou partiellement développés : les traumatismes du viol et de la guerre en sont de parfaites séquences. Concédons également qu'une poignée de seconds rôles ne constituent ni plus ni moins que des ébauches de caricatures. S'il est toutefois concevable de parler d'ébauche de caricature. Tout ceci est vrai et n'a certes pas échappé aux critiques francophones. Mais que représentent ces quelques maladresses de jeunesse face à la qualité des interprétations conjointes d'Isabelle Carré et de Bernard Campan et face à une étonnante mise en scène, aussi sobre que maîtrisée. Le sujet est finement abordé puisqu'il donne sa chance à la maladie en anormalisant la normalité et en laissant place à une passion étonnamment forte en milieu hospitalier.


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