Notre univers impitoyable

Critique par Nicolas - le 20/02/2008 Affiche du film Notre univers impitoyable
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Pour un deuxième film, il y a pire. Léa Fazer, déjà réalisatrice de la très moyenne comédie Bienvenue en Suisse (Vincent Perez en marcel inside) rempile dans la comédie en s'attaquant au « réchauffé mais toujours on ne peut plus d'actualité » sujet de la parité homme - femme. Le « plot » : deux amoureux issus de la même profession et de la même boîte lorgnent sur la place d'associé laissée vacante par un récent candidat au cercueil. Pourtant dénués de véritable esprit compétitif, l'obtention de la place pour l'un ou pour l'autre aura des conséquences diverses sur l'avenir du couple et du cabinet, comme se propose de l'exposer Léa Fazer. Son idée : passer du coq à la poule, en alternant l'une ou l'autre version tout au long du film, histoire de constater ce qu'elles auraient donné.


On suit donc, tout à tour, la transformation de Margot en véritable femme d'affaire avide de reconnaissance et l'évolution de Victor vers le cliché de l'avocat dépassé par sa charge de travail. Une structure intéressante, certes, qui permet à la réalisatrice de ne pas prendre parti et de démontrer, le plus simplement du monde, que les récurrences de la lutte homme - femme n'aboutit, en fin de compte, à rien de plaisant quel que soit le "vainqueur". Le problème du film se situe bien malheureusement dans cette structure qui le caractérise : les deux versions arpentent parfois les mêmes chemins et produisent des redites assez lourdes à supporter, et finissent par se confondre. Un peu comme si on vous disait deux fois la même chose, et sans véritablement appuyer le premier argument. Le film a beau ne durer que 90 minutes, les phases d'ennui sont assez fréquentes et ce, malgré un duo de comédiens plutôt compétent et visiblement amusé de ce double jeu. Tout reste donc superficiel, n'apporte pas grand-chose à la problématique, et s'achève un peu en eau de boudin. Le concept montre ses limites, et pousse Léa Fazer à terminer sur un point d'interrogation, finissant du même coup de déposséder le film de ses ambitions sociologique pour le projeter dans le registre de la comédie gentillette sans grande utilité.

Une comédie légère aux allures de réflexions sociologiques, emmenée par deux comédiens aussi complices à la ville qu'à l'écran, qui peine à trouver un second souffle une fois son concept innovant digéré. La mise en scène et les rabâchages du scénario boulonnent quelques longueurs ici et là, et n'affichent pas d'innovations sérieuses.


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