Vidocq

Critique par Filipe - le 22/09/2001 Affiche du film Vidocq
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La beauté n'est que superficielle.
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Vidocq, agrippé au rebord d'un puits de flammes, supplie son agresseur de lui montrer le visage qui se cache sous son mystérieux masque. Chose faite, Vidocq pousse un cri d'horreur avant de disparaître dans l'abîme.

Le biographe de Vidocq est bien déterminé à reprendre l'enquête du héros, et en particulier à démasquer l'assassin. Au coeur du Paris de 1830, de bordels en fumeries d'opium et de sombres ruelles en cabinets secrets, il va traquer la vérité aux côtés de Nimier, l'associé de Vidocq, et de Préah, sa maîtresse.

Vidocq est avant tout un film qui se veut ambitieux, sur le plan esthétique, technique et artistique. Et aux premiers abords, il est clair que le film innove à bien des égards. Nous vivons une aventure au coeur d'une toile, où visages, costumes et décors sont saisissants de beauté -une oeuvre de Gustave Moreau était, paraît-il, la référence principale du réalisateur-. La haute définition numérique a donné l'occasion aux techniciens de pouvoir jouer à merveille avec les angles de vue et les jeux de lumière et a, bien entendu, permis l'introduction d'effets spéciaux déroutants.

Les critiques ont été pris du même engouement qu'à l'époque du Pacte des Loups et voyaient en Vidocq LA superproduction qui ravirait tout le monde et qui saurait nous faire oublier que l'année 2001 a en fait été une très mauvaise année pour le cinéma. Ces critiques, à nouveau aveuglés par le coût effarant d'un film français, ont simplement participé à donner un nom à Vidocq et à pousser bien du monde dans les salles obscures.

Car Vidocq ne brille vraiment que par son esthétisme. Le scénario, signé Jean-Christophe Grangé -auteur du scénario des Rivières Pourpres, une autre surproduction sans intérêt, car irréelle et bâclée- ne brille pas. Le défilement de l'histoire est particulièrement linéaire, et le coup de théâtre final ne participe qu'à rendre béantes les nombreuses incohérences accumulées en cours de route. Les acteurs font de leur mieux, mais l'on est trop dérouté au final pour garder un bon souvenir du film. Et la bande musicale ne se distingue guère -mis à part peut-être lors de l'entrée en matière de Vidocq, au cours des toutes premières minutes-.

Vidocq se laisse regarder car on est forcément satisfait de se plonger au coeur d'un univers aussi impressionnant, un univers de beauté esthétique, de mystère, de magie. Et en filigrane, il y a une enquête policière troublante et toujours inexpliquée... mais lorsqu'on recule de quelques pas, on s'aperçoit que rien ne tient debout. On est alors déçu. Ou plutôt dépité de voir un espoir s'envoler, l'espoir d'avoir enfin connu une colossale -niveau budget- ET passionnante production française.


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