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Messagede azbinebrozer » 24 Janvier 2011, 10:51

Donc le film n'est pas intéressant...
Je vous propose quelques notes déjà déposées sur un autre site sur un thème du film que vous n'évoquez pas, probablement un thème mal traité dans le film ?

"Je reconnais que la description des religions offertes par le film manque un peu de nuance. On aurait aimé voir et entendre un peu plus le versant idéaliste de ces religions. On voit surtout ses terribles influences « temporelles », politiques. Mais tout de même quelques scènes sont très significatives...

Nombres de critiques oublient le thème de l'esclavage très fort dans le film à travers un personnage. Ce sont bien les guides spirituels religieux qui libèrent ici les esclaves des penseurs et scientifiques les plus libres de l'époque. Il y a là un énorme paradoxe qui revient sans arrêt dans le film et qui en fait sa force.

- Il y a la scène où l'esclave montre qu'il est un excellent penseur en astronomie, mais il reste esclave. La force des religions juive (en partie), chrétienne et musulmane est bien de libérer tous les individus. Et oui, la femme y perdra... Mais la tyrannie n'est pas si univoque... L'esclave pour autant qu'il soit savant n'est pas affranchie... La culture antique porte ses « points aveugles ». L'excellence des philosophes repose sur la condition asservie de ceux qui les servent... Si l'excellence est ruinée lors de la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie, cette régression est au profit de la pensée d'une humanité universelle.
- Il y a la scène où l'esclave frappe le père philosophe de la philosophe qu'il aime après que celui-ci ait appelé à attaquer ses libérateurs. Paradoxe de celui qui frappe celui qui l'a élevé intellectuellement mais le maintient sous-homme...
- Il y a les 2 scènes où l'esclave rejoint la philosophe dans de troublantes scènes où l'érotisme se mêle à la violence. Dans la première scène, le viol n'est pas loin. L'esclave qui jamais en tant que sous-homme ne pourra être digne du corps d'une femme, la plus libre qu'elle soit, rompt la distance de nature entre les corps. Ceux qui n'auront vu ici que la force du désir de l'esclave auront sous-estimé le ressenti de ces « mis de côté ». L'esclave romain pouvait être certes objet sexuel de l'homme libre, mais jamais « sujet » sexuel (donc surtout pas actif ).
Dans la deuxième scène, la violence qu'il exerce sur cette femme, dont on peut s'interroger sur le caractère érotique, est le moyen de protéger son corps tant visuellement que de la souffrance. De fait il lui assure jusqu'à la mort le respect de sa personne.

Aujourd'hui c'est bien une culture occidentale qui est visée, et la liberté des femmes aussi. Il est curieux que si peu voit ici combien les religions s'appuient sur la reconnaissance qu'ils accordent aux déshérités sociaux. Par exemple la théologie de la « libération », puis l'évangélisme pour le christianisme en Amériques du Sud. L'islamisme ailleurs.
Et dans nos villes, des quartiers entiers où la moitié de la population est exclut socialement ou en « économie parallèle ».

Guillaume, on parle bien du même film ?
http://cinema.krinein.com/agora-18586/critique-9572.html
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