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V pour Vendetta

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Super-Saïen du Dimanche
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[b]V pour Vendetta

Scénario: Alan Moore
Dessin : David Lloyd.
Edition: Delcourt
Années: 1989-1990[/b]

Le 19 Avril 2006 sortait dans les salles obscures le dernier joujou des frères Wachowski : V pour Vendetta. Un film politiquement "in"correct ayant le mérite déveiller la curiosité des lecteurs pour aller découvrir le comics dorigine conté 17 ans plus tôt par Alan Moore. Scénariste magicien à la tête de nombreuses séries à succès (Watchmen, From Hell, Swamp Things, La ligue des gentlemans extraordinaires ...) et horrifié par les adaptation cinématographique au point d'en refuser les royalties.

A la fin du XX ème siècle, le monde est en proie au Chaos. Le continent africain et américain ne sont plus quun tas de cendre causé par une pluie de bombes atomiques. LAngleterre est épargné par les conflits mais les bombardements incessants ne tardent pas à dérégler le climat. Londres et les campagnes anglaises sont englouties par les eaux. Abandonné par leur gouvernement, le peuple britannique démuni et affamé ne tarde pas à provoquer des émeutes et à monter des gangs où règne la loi du plus fort. En 1992, un groupe fasciste rassemblé autour de la barnière Nouvel Age parvient à réinstaurer lordre dans le pays tout en imposant un régime totalitaire. Une politique dépuration ethnique et sociale ne tarde pas alors à être mit en place. Le Système contrôle dorénavant tous les faits et gestes de ses citoyens paralysés par la peur, lobotomisés par les médias et la voix du destin. Un homme tente de renverser pouvoir en place. Terroriste anarchiste, V se cache sous un masque arborant le visage de Guy Fawkes, personnalité qui avait tenté en 1605, de faire sauter le Parlement. Dans la nuit du 5 Novembre 1997, le mystérieux justicier ayant un goût prononcé pour les citations shakespeariennes, croise sur sa route Evey Hammond. Une prostitué sauvée par V des répressions pour cette activité jugé illégale. Tout les deux assistent à la destruction du Parlement dynamité par ce dernier. Débute alors une étrange relation entre lhomme et la jeune fille tandis que les pouvoirs publics tente de décortiquer la personnalité de V pour mettre fin à ses actes.

Ecrit à lépoque pour mettre en garde le lectorat contre la politique de Margaret Thatcher, V pour vendetta savère être un récit aux idées intemporelles. En effet, les questions posées par Alan Moore sont toujours dactualités à lheure où le monde sembrase et verrouille ses codes de conduites suite aux événements du 11 Septembre 2001. V personnifie lanarchie en quête de la destruction dun système totalitaire dénué de liberté. Une opposition des symboles ? Sans doute, mais le personnage principal nen nest pas le seul détenteur. Loin davoir élaboré une conception manichéenne, lauteur utilise toutefois différents protagonistes pour illustrer les rouages complexes dun univers étroitement en parallèle avec le notre.

Les multiples facettes de V.

V est un personnage qui intrigue par lambiguïté de sa personnalité et des ses actions. Son déguisement orné dun visage rieur dissimule partiellement la teneur de ses faits. Ancien prisonnier du camp dinternement Larkhill, V est une créature conçue par le Système. Une symbolisation dévoilant la face caché dun régime à laspect ordonné et impeccable. Désillusionné, lhomme tourne le dos à la Justice et se dévoue pour lanarchie. Cet notion qui, quelques années auparavant, avait pourtant amené lélévation du pouvoir quil cherche aujourdhui à renverser. Lanarchie était alors un désordre général sombrant vers le chaos. V lutilise au contraire pour rassembler les citoyens et éveiller une conscience mutuelle mais dépourvue dencadrements. Pour y parvenir, le personnage tente daboutir à ses projets de manière discutable et souvent ponctués de touches folkloriques en guise de signature. Petites manifestations de fantaisie dévoilant une autre facette de sa personnalité. Très cultivé, V renferme dans sa demeure dinnombrables livres et autres objets propices à louverture desprit, censurés et confisqués par la propagande. Les échanges quil entretient avec Evey en fait un être rassurant et protecteur. Un guide spirituel aidant sa camarade à surmonter ses peurs pour aller de lavant. Mais cette intérêt est-elle réellement sincère ou simplement utilisé pour mieux la convertir à ses idéaux ? Outre ce détail brumeux, on se rend compte que malgré sa solitude, V partage toutes ses expériences. Que ce soit envers le peuple londonien pour le hisser en dehors du régime, à lencontre dEvey lorsquil lui fait ressasser ses douleurs à Larkhill, ou encore ses souvenirs à légard de ses anciens bourreaux devenus des personnalités importantes du Système. Tous ces éléments laissent alors émerger le sentiment le plus sombre de V, celui de la vengeance. Une revanche à la fois brutale par sa violence lorsquil assassine de sang froid ses ennemis. Mais également bienfaitrice et impersonnelle lorsquil sen prend à lensemble de lappareil étatique qui a donné naissance à lêtre quil est devenu.

Evey Hammond : la métamorphose d'une figure emblématique.

Lorsque V rencontre Evey Hammond, cette dernière nest alors quune banale prostituée devant descendre dans les allées de Westminster pour vendre son corps en toute illégalité. Vivant dans la crainte imposée par le pouvoir en place, Evey va suivre un parcours qui lui permettra de surmonter ses peurs pour mieux saffirmer par la suite. Au delà de cette transformation, la jeune fille pourrait représenter à une échelle réduite, lévolution de la situation du peuple londonien. Ainsi au début de lhistoire, Evey raconte à V son vécu. Son enfance tourmenté par la dégradation climatique, le décès de sa mère qui succomba à cause de la maladie, les émeutes aboutissant à de violents pillages, larrestation de son père appartenant à un groupe socialiste en opposition avec les fascistes, et enfin son travail laborieux dans les usines. Outre ce scène prétexte à introduire les bases de lhistoire, Evey dévoile ici un témoignage propre à nimporte quel anonyme. Evey Hammond pleure comme lenfant quelle est pleure, parce quaujourdhui enfin, son cauchemar est fini murmure Alan Moore. Lorsque V sèche ses larmes, il la démaquille pour lui cicatriser son douloureux passé et la dévoiler tel quelle est. Ceci est le premier pas dEvey vers sa véritable transformation. Létape suivante sera les responsabilités quelle souhaite assumer malgré les remords qui lassaillent. Naissent ensuite les sentiments amoureux qui feront delle une femme. Evey Hammond atteindra lapogée de son émancipation en surmontant langoisse de la mort. Tous ces événement hisseront la demoiselle vers une étape supérieure, celui de héros à limage de V. Ceci en insistant pour que son peuple sextrait du Système afin d assumer son indépendance. Evey aide les autres à briser leurs chaînes tel quelle a du le faire elle même dans le passé.

Dautres personnages secondaires viennent figurer dans cette intrigue. Que ce soit des victimes paralysées dans leurs actes par le peur, les acteurs ou dirigeant cette dictature répressif qui se veut utopique. Alan Moore ne caricature le tempérament daucun dentre eux pouvant alors permettre au lecteur de voir un mal absolu, ce qui aurait alors donné un contraste absurde avec le reste du récit. Même Adam Susan, le gouvernant à la tête de la dictature fasciste nest pas une caricature grossière de laxe du mal. Cette absence dévidence permet à lauteur dinstaurer un climat particulier où tout le monde a, de près ou de le loin, une part de responsabilité dans la pérenité de ce régime totalitaire.

Une esthétique peu abordable mais en phase avec l'intrigue.

Le graphisme de David Llyod peut rebuter lorsquon découvre les premières pages. Il est nécessaire de surmonter cette contrainte pour apprécier l'ensemble de la BD. En effet, lencre pâteuse domine la pâleur des couleurs dont le choix des teintes peut paraître peut familière à loeil au premier abord. Mais cet impression sestompe au fil des chapitres. Le trait réaliste de Lloyd saccorde à desservir efficacement une mise en scène instaurant une ambiance froide (malgré lexcentricité dun lieu tel que le musée des ombres) , inquiétante et onirique. Un travail graphique proche des études cinématographiques mêlant styles (légèrement ) burtonnien et kubrickien ( de part ses enchainements ralentis ).

Tous ces points permettent à V pour Vendetta dêtre un récit riche et complet, devenu une référence dans le monde de la bande dessinée. Un chef doeuvre du 9 ème art où le lecteur découvre toujours de nouveaux éléments lors de ses relectures.

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Archi
Super-Saïen du Dimanche
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Edit : Oups l'orthographe.... J'ai rectifié le tire. Mes excuses pour ce désagrement.

C'est bizarre, avec du recule, j'ai l'impression de ne pas avoir parlé de l'essentiel dans cette critique.

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Archi
Super-Saïen du Dimanche
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Salut

Alors je peux te répondre seulement par rapport à V pour Vendetta. Franchement, il n'y'a pas photo, la BD de Moore est absolument à lire. C'est vraiment un récit très riche aussi bien au niveau des idées, que dans l'étude de la mise en scène.
l'adaptation cinéma ne reprends que la surface du travail de Moore. Il n'y'a aucun approfondissement même si ça reprends très globalement l'idée générale de l'oeuvre d'origine. Quand tu découvres le film avant le livre, tu as l'impression que c'est un long métrage honnête sympa à voir. Tu passes un bon moment, sans plus ( avis perso ).

En fait, je crois que c'est un peu pareil pour toutes les adaptations issues des travaux de Moore. Je connais des personnes qui ont lu From Hell et ils ont été extrêmement déçus par le film. Par contre, ceux qui avaient vu uniquement le film l'avaient trouvé pas mal. Les cinéastes reprennent vaguement l'intrigue de Moore et la remodèle de façon à en faire une bonne exploitation commerciale. Et ça, au détriment de l'originalité du récit d'origine.

Merci

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tyler
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Je pense que quand meme, Adapter une BD comme V pour Vendetta ne doit pas etre simple, et c'est evident que tout le travail de moore ne pourra pas etre retranscri dans un film de 2h30...

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Archi
Super-Saïen du Dimanche
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Non tu as raison, adapter fidèlement la BD de V pour Vendetta aurait été impossible. D'autant plus que les dialogues peuvent paraitre trop littéraires. Cependant, il y'a un fossé entre une adaption ultra fidèle presque impossible à faire et un concept superficiel. J'avais rédigé une rapide critique pour Gallu sur le film d'ailleurs lorsque j'ai présenté ma candidature. La voici :

V pour Vendetta.

Les frères Waïkhocsky avaient envisagé dès les années 90 à adapter sur grand écran lun des plus célèbres comics sorti tout droit de limagination fertile dAllan Moore: V pour Vendetta. Mais ils sengagèrent entre-temps dans la fameuse trilogie Matrix et délaissèrent une première écriture du scénario. Quelques millions de dollars en poche plus tard, ils décidèrent de retravailler sur une seconde version reprenant les aventures de lanarchiste le plus charismatique de lHistoire du 9 ème Art. Le pari était alors de taille: comment faire comprendre en 2h10 la complexité dune intrigue psychologico-politique avec un soupçons de fantastique sans perturber le spectateur dans la consommation de son pop-corn ? Loué soit le tandem Waïkovsky qui a prit soin de privilégier le grand spectacle au détriment de la profonde réflexion quincite lauteur dorigine, notre mastication peut se poursuivre en paix.

Laction se déroule dans un hypothétique XXI ème siècle à Londres. Le pays est en proie à une dictature fasciste contrôlant les faits et gestes de leurs citoyens lobotomisés par des médias dont linformation est constamment déformée. Parmi les citoyens britanniques, on retrouve Heavey Hammond ( Nathalie Portman ) jeune femme travaillant pour la principale chaîne télé du territoire. Un soir, Heavey échappe de justesse à un viol collectif. Son sauveur nest autre que V (Hugo Weaving) , un mystérieux justicier cachant sont identité derrière un masque en porcelaine reprenant les traits de Guy Fawkes : terroriste intègre qui aurait pu, en 1605, faire sauter le Parlement sil navait pas été retenu au bout dune corde. A daté de cette nuit, les deux protagonistes nauront de cesse dêtre réuni par les circonstances et vont, de ce fait, tisser des liens ambiguës à limage de la personnalité de V. Esprit lumineux et aux goûts raffinés dun côté, sombre gentleman terroriste mettant tout en oeuvre pour arriver à ses fins de lautre, V va petit à petit convertir de gré ou de force sa protégée pour laider à renverser le système en place et accomplir une vengeance gravée au plus profond de sa chair.

Il aurait été difficilement envisageable de découvrir sur grand écran une adaptation narrative fidèle à la bande dessinée à linstar du récent Sin City. Il nyavait donc aucune surprise à sattendre que les réalisateurs remodèlent quelques peu lhistoire tout en tentant de faire véhiculer lidée principale de loeuvre. De ce côté, là, les frères Wakovsky sont parvenue en effet à coudre un récit crédible mais résumant grossièrement la pensée de lauteur. Ainsi le film jongle entre des scènes dactionsmatrixiennes et des passages dominés par des dialogues faussement garnies donnant alors limpression quil essai de satisfaire un large public sans oser saventurer dans des réflexions approfondies agrémentées dune mise en scène plus efficace. En effet, même si on peu facilement deviner que le travail a été un minimum soigné, les deux cinéastes ne parviennent pas à réanimer une ambiance froide et déstabilisante qui aurait été renforcé par des décors sinistrement épurés, ponctués dimages fixes ou de travellings ralentis. Ces derniers ont largement préféré troquer leur casquette de réalisateur pour mettre à la place celle de taxidermiste en vidant V pour Vendetta de ses entrailles pour nexposer que sa surface apparente.

Malgré ces défauts non négligeables, V pour Vendetta reste cependant un film plaisant à regarder même sil napporte rien dinnovant. Ce long métrage apolitiquement correct aura tout de même la bonne idée dinciter les personnes à (re)découvrir la Bd du talentueux scénariste Allan Moore, dont les interrogations sur lévolution de notre système sont toujours dactualité.


Dans la Bd de Moore, il n'y'a pas que le concept, il y'a tout un travail sur les personnages et ce qu'ils sont censer incarner. La mise en scène est bien étudié et contribuent à donner une atmosphère particulière au récit.
Je n'ai pas lu ni vu From Hell, mais le principal repproche qui a été fait je crois, c'est la non-fidélisation de la construction narrative. Dans la BD, tu connais apparement l'identité du tueur dès les premiers chapitres. Moore cherche à expliquer après pourquoi Jack L'éventreur agit ainsi. Chose qui n'est pas le cas dans le film apparement. Argument à prendre avec des pincette et qui doivent être confirmés.

Après c'est mon avis ....

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