Imaginez une scène : vous êtes dans le métro, et tout autour de vous les gens ont dans leur main une sorte de Palm qu'ils semblent fixer avec assiduité. Vous vous approchez un peu et vous découvrez qu'ils sont en fait en train de lire des pages de roman sur ce petit écran. Mesdames et messieurs, ceci est sans doute notre avenir.

La lecture numériqueDepuis quelque temps, on commence à entendre parler de livre numérique et électronique. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Krinein a enquêté pour vous. Pour comprendre la nature de ces innovations, faisons un petit historique de leur création. Dans les années 1990, plusieurs sites se mettent à commercialiser la vente de livres par internet. Cylibris devient ainsi le pionner francophone de l'édition électronique commerciale. Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprimés à la commande et envoyés directement au client, ce qui permet d'éviter le stock et les intermédiaires. Mais le site qui remportera le plus de succès est évidemment Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France. Ainsi, Gallica débute la conversion en mode texte des livres numérisés en mode image pour favoriser l'accès à leur contenu. A partir de ce moment, les sites proposant des livres numériques vont se multiplier et devenir une source d'exploitation incroyable. Certains auteurs se mettront même à publier en ligne leurs romans, à l'image de Stephen King pour The Plant. A l'heure où le livre numérique prend de plus en plus d'ampleur, quelques sociétés ont l'idée d'inventer le livre électronique : il s'agit d'une tablette électronique destinée à contenir plusieurs romans numérisés. Nous citerons entre autre le Cybook (Booken), Sony Reader (Sony), Kindle (Amazon)... Pour l'instant, ces livres électroniques ne sont pas encore très connus et leur succès est donc relatif.
Alors quels sont maintenant les avantages ou inconvénients de ces nouvelles technologies ? Commençons déjà par un problème purement formel. Est-ce que les gens apprécient vraiment de lire des textes sur un écran ? Tout le monde sait que le contact physique du livre a une certaine importance dans l'intérêt de la lecture. Il faut bien l'avouer, on aime sentir le papier glisser sous nos doigts. Peut-on vraiment imaginer de tourner les pages d'un livre en appuyant simplement sur le bouton d'un écran ? Selon certaines études, il semblerait également que la lecture face à l'écran soit une lecture discontinue et segmentée tandis qu'on mémorise plus vite et plus longtemps ce dont on a pris connaissance sur un support de papier. Mais outre ce problème lié à l'approche personnelle du roman, il faut surtout se demander si ces innovations ne signeront pas la mort de l'imprimerie. Faut-il accepter de tuer une invention qui régit nos vies depuis 1440 et qui a révolutionné toute une culture ? Les avis sont évidemment mitigés car ce serait un pendant considérable de notre patrimoine qui disparaîtrait. Parlons maintenant des avantages non négligeables de ces inventions. Pour le livre numérique, il est évident que cela facilite énormément les travaux de recherche et fait gagner un gain de temps important. Quelques clics et nous tombons sur l'extrait de roman qui nous intéresse...plus besoin de perdre du temps à chercher un ouvrage dans les immenses salles des bibliothèques. Quant au livre électronique, il fait évidemment gagner beaucoup de place puisqu'il permet de rassembler une multitude de romans dans un seul support. Oubliez alors le sac de vacances chargé de bouquins ou encore le sac d'école rempli de manuels et d'œuvres qui fatigue le dos de nos chers écoliers/étudiants. Avec ces petits appareils que l'on peut facilement ranger dans son sac, les contraintes physiques du livre disparaissent. Mais l'apport le plus intéressant de ces concepts est l'interactivité. En effet, ces supports ouvrent un champ pédagogique considérable. Le livre devient animé et ainsi le sujet d'expériences enrichissantes : on y entend, quand on lit des histoires pour enfants, le bruit que fait l'oiseau sur la branche ou la moto sur la route que l'on voit sur l'image affichée. La littérature jeunesse a donc déjà commencé à exploiter ce concept avec les Cédéroms interactifs où les contes 
le livre du futur ? deviennent vivants et où l'apprentissage devient ludique. Quant au livre électronique, l'interactivité n'en est pas moins grande. Vous ne connaissez pas un mot du texte que vous êtes en train de lire ? Pas de souci, il suffit de pointer ce mot et le logiciel vous donne immédiatement la définition du mot en question. La police est trop petite ou vous fatigue les yeux ? Et bien il suffit d'agrandir le texte et de le disposer à votre convenance. Des illustrations, des vidéos pourront également accompagner votre lecture. Lorsqu'on voyage, on peut apprendre les mots essentiels à son séjour en quelques minutes, et tout en les lisant, on les écoute sur son guide touristique. Bref, on imagine facilement toute la potentialité de ce genre d'appareil. Si vous voulez découvrir les fonctionnalités des premiers modèles de livre électronique, en voici un exemple ici.
Le numérique fait donc désormais partie de notre vie, nous ne pouvons le nier. Alors évidemment, nombreux sont ceux qui n'ont pas envie de lire une tablette électronique le soir dans leur lit avant de se coucher. Mais si on nous avait dit il y a vingt ans que l'on pourrait écouter de la musique sur un appareil de la taille de notre pouce, si on nous avait dit que l'on pourrait visionner immédiatement les photos prises, les effacer et en refaire à notre guise, qui l'aurait cru ? Le numérique a touché tous les médiateurs de la culture, pourquoi pas le livre ? A vous de juger...
Qui l'aurait cru? Personne sûrement.
Mais le livre électronique ne passera pas. Pas par moi en tout cas.
Comment se passer de l'odeur du vieux livre déniché au fond d'une bibliothèque? Comment ne pas sentir cette texture du papier, sentir la différence entre les fines pages des énormes bouquins et la grosseur grossière des livres de bas étage?
Un livre qui fait du bruit? Mais c'est la fin du livre, de l'imagination qui régit le lecteur. Sans compter les problèmes quand notre voisin de tram (ya pas le métro à StE alors hein on fait avec ce qu'on peut) lire le dernier best-seller de Sarkozy ou Royal?
Chercher un bouquin dans une bibliothèque, dans une librairie, c'est un autre monde. Ce n'est pas Bastien qui me dira le contraire. Prendre le temps du choix, ne pas consommer la littérature comme on consomme aujourd'hui la musique.
N'oublions pas non plus qu'on ne pourra plus laisser un livre traîner dans sa voiture. Aujourd'hui personne ne vole un livre, un livre électronique sera bien trop tentant.
Laissez-nous nos vieilles bibliothèques, même si on l'a compris depuis le temps, le progrès c'est nécessairement plus de stocks pour les vendeurs. La liberté enfin de consommer, consommer, se faire du pognon en ayant un moindre coût de production (ça a déjà commencé avec les ventes de MP3).
Il ne passera pas pour moi non plus, tout comme on ne me fera jamais avaler qu'un album en mp3 c'est aussi bien qu'un vrai disque avec packaging et tout et tout. Tout ça pour les mêmes raisons que naz. (Par contre je proteste, le papier épais peut être un gage de qualité !!)
Que ça puisse passer auprès d'un grand nombre de personnes, par contre, pourquoi pas... Et si ça peut encourager les gens à lire en donnant à la lecture une image moins scolaire ou ringarde, moi je dis oui !
(Mais quand même, les livres papier, c'est mieux.)
Au risque de passer pour un vieux con réac, j'affirme que le livre électronique n'a de livre que le nom.
Un livre ne se définit pas bêtement comme une suite de caractères imprimés. L'usure des pages, de la couverture, la texture du papier, son odeur, la traces de pages cornées, les miettes de pain qui se glissent dans la reliure, etc Il y a là un plaisir tactile, une sensualité de la lecture impossible à retrouver avec un bout d'électronique.
Et comment flaner dans les rayonnages des libraires (un de mes grands plaisirs en ce bas-monde ^^) si tout est désincarné dans une mémoire numérique?
A l'époque de Guttenberg, je suis sûr qu'il y avait déjà de vieux cons réac pour trouver qu'un "vrai" livre devait être fait par un moine copiste. Comme quoi plus ça change...
En l'occurence à l'époque de Guttenberg, seule la technique évoluait, l'objet restant le même. Mais bon, j'imagine que ça peut se discuter.
Cela dit je reconnais les avantages du livre électronique, seulement ça serait dommage que ça devienne le seul support écrit, tout comme il serait dommage que la musique ne soit plus éditée qu'en mp3.
Je suis d'accord avec vous. Etant un littéraire pur, je ne me vois pas passer le reste de mes jours à étudier ou lire des bouquins sur des écrans électroniques. Tu as raison Wax, il y a une sensualité de la lecture avec le papier. Bon après, je veux bien admettre que ça puisse être utile d'un point de vue pédagogique pour les enfants. Mais remplacer le papier par l'électronique, je dis non!
Je trouve que vous oubliez un peu vite que la grande majorité des livres ne sont pas des romans (pour ceux la j'adhere a l'idée que le livre est, aussi, un objet), mais plutôt des manuels, des livres de références, des dicos etc. bref des outils, et pour les outils je trouve que le livre electronique a surtout des avantages (pas besoin de 200 livres dans son bureau par exemple, ce qui a tendance a gener mes 3 co-bureaux).
D'accord, mais dans ces cas là, l'ordinateur fait très bien le boulot.
Moi j'ai tendance à être d'accord avec vous, cependant j'émets quand même une petite réserve à votre catégoricisme (huhu néologisme?^^): on aurait pu dire la même chose à propos de la "peinture numérique" (euh je ne sais pas comment ça se dit sinon, enfin bref l'art numérique en général, quoi) Moi même je ne connais techniquement que la peinture traditionnelle, et pendant un moment, j'ai un peu diabolisé cette technique; pour l'instant ma maîtrise du dessin par ordinateur est d'ailleurs totalement nulle. Et pourtant je commence à découvrir en flanant sur les sites des gens qui le maîtrisent, de très belles choses qui me donnent envie d'essayer aussi. Ce qui ne me fera pas oublier et abandonner le traditionnel (moi aussi j'ai un rapport très sensuel au papier, au crayon, au pinceau, et à la matière), mais je me dis que c'est une expérience à tenter, vu ce que j'ai pu voir dans ce domaine. Il y a d'autres enjeux, des facilités (moins de possibilités d'"erreurs", d'"accidents"...) mais aussi le challenge de ne pas tomber dans le trop parfait aussi, de ne pas étouffer sa spontanéité.
Je ne sais pas si mon exemple est le plus approprié pour le rapprochement avec le livre numérique, mais je ne pense pas qu'on puisse le diaboliser de manière si catégorique (même si j'ai tendance à me dire qu'il serait très triste de ne lire que sous cette forme, bien sûr), sachant tous les avantages que cela induit. L'idéal ce serait que les gens puissent opter pour l'une ou l'autre des possibilités, en fontion des conditions dans lesquel ils peuvent lire.
Quand j'y pense, d'ailleurs, vu le temps que je passe à lire des choses sur le net, je dois bien lire l'équivalent d'une petit roman par semaine (au lieu d'en lire un vrai^^) Est-ce que c'est si mal que ça?
Gallica
Ma réticence à l'égard du livre numérique tient plus à ma santé (j'ai perdu beaucoup de dixièmes depuis que je travaille sur ordi) qu'à la sensualité débridée (hum, l'odeur ! hum, le toucher ! hum ! la vue ! hum le bruit de la page qu'on tourne ! hum ! le goût... ah, non, pas le goût ?) qui semble vous animer.
La comparaison avec le MP3 n'est pas valable pour moi, car je tiens la musique pour immatérielle et je n'ai pas le culte des pochettes et des outils de rangement, placement.
Ceci posé, le livre-papier a encore de beaux jours devant lui si cela ne tient qu'à moi, et ça me débecte moins d'acheter des rayonnages chaque année pour ranger les livres qui entrent par cartons entiers chez moi que d'acheter un ordinateur avec une plus grande capacité de stockage.
Je trouve que la presse papier, en ce qui concerne la musique en tout cas, en a déjà pris un sacré coup à cause d'Internet. Les webzine se multiplient et le magazine papier en pâtit. Le numérique a également fait du mal au disque, et pour ma part, je trouve la comparaison tout a fait approprié.
Je suis d'accord avec Sylvain pour dire que le livre numérique peut être très intéressant en tant qu'outil. Cependant, le mp3 devait également être à la base un outil de découverte. Aujourd'hui, il est en train de remplacer le disque. Donc j'aurais tendance à partager les craintes que suscite ce petit objet...
Pensez à tous ceux qui ont des problèmes avec leurs yeux, ce n'est pas tous les livres qui sont écrits en gros caractères!
Avec un ebook vous sélectionnez la grosseur de caractère qui est la plus confortable.
Tout à fait d'accord avec Sylvain. Je me permet d'ajouter pour ceux qui disent que les ebooks ne sont que des mini ordinateur que la technologie utilisée pour l'écran est TRES différente. En clair, pas de risque de perdre des dixièmes sur un ebook : ce n'est pas rétro-éclairé par exemple.
Je n'en ai pas, mais je dois bien avouer que pour travailler sur un livre technique, ça doit être sacrément pratique.
Ce qui est vraiment cool, c'est qu'on pourra avoir de la pub dynamique au milieu de nos livres.
Perso je vois pas trop l'interêt pour le lecteur lambda...
Bon, ok, le gain de place, me direz-vous... Mais si le machin n'est bon qu'à afficher des pages, un PDA ou un archos fait très bien l'affaire, tout en laissant la possibilité de voir ses videos et ecouter ses musiques.
De plus, l'oeil humain a du mal à porter son attention sur un amas de pixels et retient plus difficilement.
La technologie de l'écran, non rétroéclairé, permet d'éviter les problèmes de fatigue et de fixation d'un point de lumière, c'est une bonne chose, encore heureux.
Mais pour moi, ca sera également le livre papier pendant encore quelques bonnes années.
Ce n'est pas en perfectionnant la bougie qu'on a inventé l'ampoule éléctrique.
De même, le livre electronique ne marchera jamais. En fait, ce n'est pas une évolution du livre (comme on voudrait le faire croire), mais une régression de l'outil informatique.
Par exemple, les manuels scolaire pour enfants, n'auraient aucun interet à êtr numérisés. Un site web (ou stocké), alliant liens hypertextes, vidéos, sons etc... est plus adapté au monde informatique, que 200pages betement alignées les une à la suite des autres... Et pas besoin d'acheter un énième appareil. Et je ne parle pas de l'incompatibilité des formats, et des DRM...
Par contre, je ne crois pas non plus à la disparition du livre physique.
Je réagis TRÈS tard, mais que voulez-vous, je suis plongée dans la lecture depuis l'achat de mon lecteur de livres électroniques...
Pour ceux qui craignent de perdre des "dixièmes", pas de risque, l'écran ressemble à du papier, sauf qu'en plus on peut grossir les caractères. On peut ajouter des signets là où on veut, loger une bibliothèque complète sur une petite carte, lire son journal...
Depuis que j'ai mon lecteur, je n'ai plus acheté de livres papier. Est-ce que le papier me manque? Je croyais que cela se produirait, mais, dommage peut-être, pas du tout! Je ne m'ennuie pas des gros bouquins trop lourds pour traîner avec moi, si je pars en voyage je ne suis pas obligée de choisir ma lecture en fonction de l'espace de rangement dans mon sac; bref, je suis heureuse avec mon lecteur et mes livres électroniques.
Sans compter que le faible prix des livres rembourse rapidement le coût de l'appareil!
Cela étant dit, j'ai hâte que le livre électronique entre un peu en France. Je suis au Canada, et heureusement que je peux lire l'anglais, car côté littérature francophone, les "livriels" se font rares...
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