Manfra est un terme bâtard pour désigner une bande dessinée d'origine française inspiré du style manga. A ce titre, Dofus apparaît comme une bonne surprise avec un écartement par rapport au monde du manga assez brusque pour se tourner vers un ton libre et amusant. Dans un univers typé heroïc fantasy, le manga s'illustre par son côté humoristique. Les amateurs du jeu en ligne pourront sans doute retomber en terrain connu alors que les autres pourraient bien être tenté de jeter un coup d'oeil pour découvrir une bande dessinée/manga/manfra (faîtes votre choix) tout à fait sympathique même si manquant de profondeur scénaristique
Arty-fice
Arty est un jeune berger Féca. Il vit dans une région reculée d'Amakna avec son grand-père Crail, expert en technique de combats dans son illustre passé. Lorsque les forces du Mal débarquent par surprise pour s'acharner sur eux, Arty est catapulté à contre coeur par son aïeul avec pour mission de stopper le maléfice frappant les gelées de la forêt de Katrepat. Un sortilège improbable contraint ces êtres gélatineux à exercer leurs fonctions reproductives au risque de provoquer un terrible baby-boom. Débuts difficiles pour le jeune héros qui partira dans une quête initiatique avec des compagnons tous plus farfelus les uns que les autres afin de découvrir les formidables secrets du monde et ceux enfouis en lui...
Bon, très sincèrement, Dofus est un énième shônen avec un héros à la recherche d'une grande envie de découvrir le monde et déstabiliser les forces du Mal régnant sur cette paisible contrée. Déjà vu ? Oui, mais... l'intérêt de l'oeuvre ne se limite pas à son scénario mais au fun procuré par les situations s'enchaînant avec pas mal de rythme, pas de temps mort et un bon lot de situations cocasses. Si les gags ne volent pas toujours très haut, certains surprennent et le scénario principal part rapidement en sucette pour laisser place à un joyeux foutoir ambiant constitué de quêtes annexes. Bien évidemment, les rencontres farfelues sont au programme et le héros verra des compagnons et des ennemis à peu près tous aussi gagas les uns que les autres. Mêmes les grands méchants possèdent cet aspect ridicule qui les rendent sympathiques au point que le lecteur en redemande.
Du jeu au manfra
Le principal atout du manfra est son humour en toutes circonstances, parvenant à faire oublier les lourdeurs scénaristiques propre au thème de la quête initiatique. Bien évidemment, la parodie et le ton léger sont mis en avant pour dégager un second degré en permanence. Dofus se lit sans penser, juste pour passer un bon petit moment de détente, rien de plus. Pourtant, l'oeuvre possède un point noir assez désagréable visuellement, à savoir son dessin. Le trait arrondi ne rend pas véritablement justice à l'oeuvre et fait perdre un peu d'attrait au titre. Les dessins assez grossiers laissent des personnages peu travaillés, toujours en SD mais assez expressifs dans l'ensemble. Le mode 7 donne un coup de peps à certaines cases mais l'ensemble reste assez faible. Néanmoins, le lecteur ressent le plaisir pris par les auteurs pour partir dans leur déliré. Et si après tout, Dofus n'était que ça ? Un bon gros délire développé en tirant sur toutes les ficelles du genre. Faut croire...
Si le scénario ne vole pas tout là haut dans la stratosphère, l'atmosphère dégagée par l'oeuvre ouvre de bonnes perspectives de développement pour la suite et pourraient bien conquérir ceux qui avaient déjà aimé Sentaï School. Par son côté cheap et ses nombreux clins d'oeil au monde de la bande dessinée mondiale ou de la télévision, Dofus parvient à tenir le rythme et à se montrer agréable pour ses débuts. Bonne chance à la première parution des éditions Ankama.
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