Quick et Flupke. Tic et Tac. Boule et Bill. Doraemon et Nobita. Les duos comiques traversent les âges sans prendre de rides, c'est d'autant plus vrai avec le dernier cité connaissant un succès sans précédent au Japon avec un renouvellement de la série animée depuis trente ans et presque autant pour l'édition papier terminée en 1996. Alors à quoi tient le succès de ce titre de Fujiko F. Fujio ? Tout simplement à une incroyable bonhomie et aux nombreux gadgets entraînant des situations drôles dans un cadre relativement libre où la créativité des scénaristes n'était pas brimé lorsqu'il prétendait créer une série à destination des enfants. Amusant pour tout public, Doraemon met en avant le courage de Kana de publier une longue série (45 volumes) plus vraiment toute jeune...
Le chat venu du futur

Doraemon, c'est pas du pipeauNobita est un jeune
garçon assez irresponsable,
complè
tement gaffeur et maladroit. Il est, de plus, ré
guliè
rement grondé par sa mè
re et ses professeurs à cause des mauvais plans qu'il imagine souvent.
Un jour, pourtant, débarque dans sa vie un
chat-robot venu du futur. Il se nomme
DORAemon, porte toujours une clochette autour du coup et a la
particularité d'avoir des mains toutes rondes.
DORAemon est en fait
envoyé par le futur petit-fils de
Nobita. Sa mission sur Terre : sauver
Nobita de ses é
checs successifs et donc sauver la famille de la déché
ance. Il va donc devoir s'atteler à faire é
voluer Nobita dans le bon sens et, par là,
inflé
chir le destin. Inutile de
pré
ciser que cela ne sera pas de tout repos…
Car
Nobita a l'art de cumuler tous les dé
fauts. Pleutre, insouciant, gaffeur et surtout terriblement geignard, il
représente l'enfant unique gâté à outrance par un couple de parents typique de la
société nippone de l'époque. Notre hé
ros se repose sur
DORAemon, gentil chat extra-terrestre toujours plein de bonne
volonté mais tout autant gaffeur. Ce duo de pieds
nicklés agit dans le cadre de courts chapitre d'une vingtaine de pages mettant ré
guliè
rement aux prises
Nobita face à ses camarades de classe. Souffre-douleur consentant par son attitude à toutes leurs moqueries, il rè
gle rarement ses
problèmes par le biais de
DORAemon, ou au contraire les dé
cuple. Ces petites histoires ont une morale souvent toute simple mais profondément efficace dont le message prioritaire consiste à é
voquer la né
cessité de se débrouiller seul et les joies de l'enfance de découvrir. On ne pourrait pas se passionner pour ces aventures
minimalistes si l'humour dé
livré par l'auteur n'était pas à mourir de rire. L'alliance de l'humain et de l'extra-terrestre virent dans des quiproquos et autres situations rocambolesques inventives et sortant du cadre des
shô
nen actuels du même genre. Du coup, c'est un vé
ritable festival d'humour auquel nous convie
Fujiko F.
Fujio dans une bonhomie
rafraî
chissante.
Rires et bonhomie
Pas vraiment de
scé
nario car les personnages n'é
voluent pas ou peu. Les situations restent les mêmes que celles de départ et
Nobita gaffe toujours autant. C'est le principe de ces duos comiques sans cesse renouvelable qui peuvent lasser au bout d'un certain nombre de volumes. Et
DORAemon ne peut é
chapper à cette ré
gle même si l'auteur nous gratifie de nombreuses situations salutaires (la découverte du monde des dinosaures ou celui de la galaxie...) mais le plus souvent de situations de la vie quotidienne d'un jeune
garçon (devoir, relations aux autres...). Né
anmoins, la bonne bouille des personnages ne saurait mentir,
DORAemon donne la banane et la greffe en permanence sur le visage. Les personnages secondaires tout à fait conforme à la norme attendue donne la réplique sans pour autant apporter beaucoup plus à l'ensemble par leur
caractè
re trop ré
ducteur mais ils
représentent quelques facettes de la jeunesse. Même si
Nobita demeure le personnage central, c'est bien
Doraemon qui garde la vedette avec sa poche ventrale magique, son petit air de pè
re tranquille et sa crainte des souris. Sans
Nobita, le personnage est aussi amusant.
A la
maniè
re des
shô
nen de
Tezuka,
Fujio a
adopté un trait arrondi efficace à défaut d'ê
tre admirable. Ses personnages béné
ficient d'un traitement simple qui les fige tout de même é
normément dans l'espace. Le découpage ancien laisse place à des vignettes assez vides mettant en
scène uniquement les personnages (ou presque). Par la suite, le design é
volue peu mais ce n'est pas la principale
caracté
ristique du titre car tout se concentre autour de la rondeur de
DORAemon, boule de poil unique en son genre qui se place en tant
qu'alternative à la vie difficile de
Nobita. Son côté rondouillard le rend sympathique et facilement adoptable par le lecteur. Le tout dans une bonne édition malgré quelques erreurs d'impression.
Un manga à mettre entre toutes les mains, laissant une impression de légé
reté et de cré
ativité. Un titre comme on aimerait en voir plus souvent avec un humour qui ne tombe pas dans le grotesque au fil des volumes ni dans la
surrenchè
re de l'absurde.
DORAemon mérite sa ré
putation mais
saura-t-elle toucher des lecteurs plus de trente ans après
malgré son graphisme ancien ?
Pour aller plus loin...
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