Akata nous revient avec un manga dont il s'est fait une certaine
spécialité : s'attaquer à des légendes du terroir nippon. Avec
Le Pacte
des Yokaï, Yuki Midorikawa passe en revue un gros catalogue de monstres
du patrimoine de l'archipel vu à travers les yeux d'un adolescent
maladif et orphelin. Un shôjo au-dessus de la moyenne qui nous conte de
nombreuses histoires basé sur ces monstres humains, fidèles et
profondément attachés à des valeurs du Japon d'antan. Se rapprochant
des titres à l'aspect nostalgique de
Natsuki Sumeragi ou
Onmyôji, ce
manga s'imprègne d'une véritable ambiance à défaut d'un rythme
soutenu...
Maître Griffou

Le Pacte des Yokaï (c) Akata
Depuis qu’il est petit, Natsume voit les yôkai (les esprits surnaturels
japonais). Ne les appréciant pas particulièrement, il a toujours évité
de les fréquenter. Mais voilà que ces derniers temps, les yôkai se
mettent à le pourchasser sans qu’il comprenne pourquoi. Et un jour,
alors qu’il tente d'échapper à l'un d'eux, il pénètre dans un lieu
sacré et libère par inadvertance un "chat" qui avait été enfermé dans
un petit sanctuaire. Loin de se montrer hostile comme les autres yôkai,
le chat engage la conversation avec Natsume et le questionne à propos
d’un carnet qui aurait appartenu à Reiko Natsume. Cette Reiko en
question se trouve justement être la grand-mère de Natsume...
Un
héros se révèle progressivement par l'intermédiaire de ce scénario
simplissime au premier abord. Et de nombreuses histoires partant de ce
point de départ vont alors voir le jour, montrant le caractère coriace
d'un jeune homme effacé dans la vie réelle. Ces êtres qu'il est le seul
à pouvoir apercevoir lui apportent une confiance relative en lui à
défaut d'une affirmation au contact des autres. Comme un fou ou un
otaku, Natsume évolue dans un monde dont il est le héros et le seul à
pouvoir percevoir les tourments, choses qui vont l'amener à se dépasser
pour régler leurs problèmes en jouant le rôle d'intermédiaire entre le
monde des monstres et celui des humains. A vrai dire,
Le Pacte des
Yokaï ne relève pas d'une idée tellement originale puisque ce genre de
titre est le propre de nombreux shônen ou shôjo. En bref, une sorte de
quête initiatique teintée de fantastique qui se fait le chantre de nous
présenter une partie du folklore japonais. Et son digne représentant
n'est autre que Maître Griffou...
La boîte de Pandore
Les multiples yôkai réapparaissant autour de Natsume font penser à la
légende de la boîte de Pandore. La différence réside dans le fait que
le manga se donne difficilement une contenance par ses monstres trop
respectueux du pacte passé avec l'ancienne détentrice du carnet, à tel
point que le manque d'événements rocambolesques devient un cruel
problème pour le scénario qui suit son cours, gentiment, sans se
presser. C'en est presque désopilant pour le lecteur de se retrouver
avec tout ce bestiaire à exploiter pour si peu d'action. Le personnage
secondaire de Maître Griffou a beau mettre un peu d'humour et un peu de
vice dans tout ceci, le titre n'en demeure pas moins soporifique à
quelques instants. Néanmoins, on parvient tant bien que mal à trouver
un intérêt à travers les multiples quêtes menées par Natsume.
On se retrouve en terrain connu pour le shôjo au niveau du chara design
représentatif du genre avec des personnages à trait fin, un découpage
en bande donnant une esthétique simple et un ton aéré au titre.
Le
Pacte des Yôkai prouve surtout son intérêt par la qualité du bestiaire,
montrant toute la richesse du folklore nippon et un sens de la dérision
très profond avec des monstres humanisés, possédant souvent un resext
des valeurs beaucoup plus profonds que celui du monde des hommes. Le
graphisme s'accorde particulièrement bien avec le ton donné au manga et
le personnage en est le reflet par son expressivité et ses airs rêveurs
ou ahuri.
Le Pacte des Yokaï nous plonge dans le monde merveilleux et insensé des
esprits pas bien méchants des démons nippons. Une pointe de fantastique
et de nostalgie dans un monde dévoué au shônen d'action ou au seinen
malsains ne peut pas faire de mal alors pourquoi ne pas se laisser
tenter par un titre comme celui-ci ? Si on excepte quelques défauts et
les délires en free talk d'une mangaka très bavarde...
Pour aller plus loin...
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