Princess Princess

Critique par juro - le 07/09/2007 visuel Princess Princess
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5.5/10
L'école des travelos
vote internaute
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Pourquoi aller chercher un scénario compliqué pour créer un manga comique ? Utilisons la bonne vieille recette du travestisme pour parvenir à marquer des personnages aux allures androgynes, véritable idée battue et débattue par des nippons fous des quiproquos sexuels. Lorsque trois garçons revêtent des habits de poupées, ça donne Princess Princess ou l'histoire d'un cosplay permanent au sein d'un lycée délurée. Mais pour autant, n'allez pas croire que l'œuvre de Mikiyo Tsuda soit affreusement banale car elle recèle son lot de surprises...

Prince Prince

Tôru Kono vient d'intégrer en cours d'année l'école pour garçons Fujimori, et l'accueil qui lui est réservé le laisse perplexe, c'est qu'il existe dans cette école un système de « princesses », qui consiste à habiller en fille les élèves les plus mignons lors des grandes occasions, afin d'apporter un peu de charme féminin à cet univers exclusivement masculin. Tôru, attiré par les « privilèges » réservés à ces « princesses » consent à devenir ‘lune d'entre elles, et rejoint ainsi Shihodani et Mikoto dans ce club très fermé...

Princess Princess (c) Kami
Princess Princess (c) Kami
Torô va rapidement d'autres princesses pour évoluer dans un lycée en manque cruel de présence féminine. Imaginez une bande de garçons en rut prêts à se jeter sur tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à une fille et vous aurez saisi l'essentiel de Princess Princess. Le titre joue sur les malentendus à propos de l'homosexualité et les situations osées et cocasses. Pour le plus grand bien de l'intrigue, les transformations en princesses se font au compte-goutte laissant le temps à l'auteur de délirer le plus possible dans leurs vêtements en utilisant des carcans ayant déjà fait leur preuve dans l'imaginaire du lectorat (lolitas gothiques, infirmières, soubrettes...). L'intrigue prend le temps de s'installer sur un bon volume pour s'accélérer radicalement par la suite. Les personnalités cinglées se côtoient et le manga possède un rythme salutaire pour ne pas laisser de temps mort entre les différents chapitres.

Princesse de Lu

Le rôle des princesses consiste à embellir le quotidien des élèves masculins et à les supporter durant les rencontres sportives. Boulot à plein temps, son lot de contrariétés délivre un joli panel de situations peu originales mais souvent bien amenées pour passer un moment de lecture amusant l'espace d'un temps. Car oui, Princess Princess possède le défaut de ne pas pousser le bouchon encore plus loin et l'intrigue tourne en rond laissant les histoires inabouties. Le trio de princesses montre toutes les personnalités possibles et inimaginables. Progressivement, le background des personnages est creusé autour de beaucoup de parlotte et peu d'action. Et même si souvent lesdites paroles ne débouchent sur rien, Princess Princess possède un peu le charme désuet d'un manga comique avec une pointe de drame pour l'enrobage.

Tsuda apporte son trait fin pour décrire au mieux des personnages androgynes, aux yeux en amande et aux coupes de cheveux unisexes (pour deux tiers). Se concentrant quasiment exclusivement à l'attitude de ses personnages, le mangaka oublie complètement décors et autres « futilités » du genre dont il ne s'encombre pas pour un remplissage nul et non avenu. L'auteur s'attarde surtout sur chaque nouvelle tenue que les personnages s'apprêtent à revêtir avec plus ou moins de bonheur selon les personnalités affirmées entre masculin bourré à la testostérone et plus qu'ambigu ! Le découpage se montre particulièrement actif avec une volonté de faire vivre le rythme des scénarios.

On ne retiendra pas grand-chose que les petits rires que peut provoquer cette comédie légère. La touche dramatique à peine développée ne donnant pas plus d'intensité que cela au manga. Finalement, Princess Princess fait passer un agréable moment autour d'une histoire tout juste acceptable. On n'en attendait pas autant à vrai dire...


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