Plus connu pour sa série de science-fiction explosive
MI-8 Fukujin,
Satoshi Fukushima a aussi connu le doux plaisir de pondre des histoires courtes avec une libre inspiration avec
Shônen Shôjo.
Explorant des destins qui vont basculer vers le tragique à cause d'un
événement insoupçonné, ces différentes histoires ne semblent rien
posséder d'autre en commun mais elles mettent à jour le talent
d'écriture d'un
mangaka qu'on croyait réduit aux joutes guerrières. Car
croyez-le ou non mais
Shônen Shôjo est un...
seinen !
Destinée
Dans cette série à la construction singulière : on suit de manière
éclatée les aventures de deux adolescents,
Yoshiko et
Gorô, en
alternance avec des récits courts et sans liens entre eux. Des
historiettes où se mêlent drames, humour et questionnements
existentiels autour de la vie et de la mort.
Laissez-vous entraîner
dans un univers onirique tantôt réaliste, tantôt hors du commun et
découvrez au travers de ces nouvelles un autre visage du manga moderne.
Que ce soit le quotidien de jeunes ados nippons innocents, de celui d'un garagiste sur la lune ou de
Cosmic Panda Z,
Fukushima
a le don de pouvoir jouer avec son lecteur du tout au tout, éprouvant
les émotions, définissant des contextes qui virent du comique au
dramatique en passant par l'absurde en un instant,
Shônen Shôjo
attire toute sympathie très rapidement. La force de l'auteur consiste à
partir d'une situation des plus banales pour la montrer sous un jour
nouveau. Pourtant, le même problème demeure toujours pour ce genre de
recueil, la qualité des histoires varie considérablement d'un titre à
l'autre. Ainsi Open
the Door
ne débouche sur rien du tout et constitue une perte de temps à lire
alors que l'on redemanderait des petites perles comme
Amorce ou
Grande
Roue. Le must reste celle d'un panda galactique complètement déluré et
martyrisant une famille japonaise, sourire décroché garanti.
Seinen seinen
Les enfants sont omniprésents dans ce
Shônen Shôjo. S'ils ne sont pas
toujours les héros, ils apportent une vision souvent ambivalente à
celle des adultes qui se laissent trop souvent dominés par leurs
émotions. Pour autant, difficile de voir une thématique claire se
dégager du manga tellement les travaux de l'auteur sont divers et
éparses. On pourrait presque prendre le titre pour un gigantesque
fourre-tout des histoires courtes de la période jeune de l'auteur avant
de trouver sa voie sur une série à plus long terme comme celle qui fait
aujourd'hui sa renommée.
Fukushima apporte un trait très réalise au contenu scénaristique,
reflétant souvent bien la dimension qu'il veut donner à son histoire.
Comme à travers de
Beaux Os, son trait s'emplit de noirceur ou avec
Grande Roue avec lequel il décrit une Europe d'après guerre plus vraie
que nature. ses personnages se font les porte-parole de son scénario,
en plein accord avec les propos de l'auteur avec des bouilles
travaillées et non stéréotypés dans un genre. Le découpage reste assez
classique, les détails sont peu nombreux mais l'auteur compense par un
bon travail de remplissage.
Soleil publie un bon
Shônen Shôjo qui se veut plutôt être une oeuvre
complémentaire à
MI-8 Fukujin qu'un titre à part entière pour découvrir
un auteur à suivre. Un recueil intéressant à placer dans la même
catégorie que ceux d'
Inio Asano, la dimension sociale en moins.
Avis des internautes
Accéder à l'accueil du site