Vedette

Critique par Kei - le 26/09/2007 visuel Vedette
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3/10
Pour les amateurs de documents historiques
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La bande dessinée japonaise a acquis depuis longtemps ses lettres de noblesses grâce, entre autres, à des manga comme Le Journal de mon Père. Publié chez un éditeur "respectable", comprenez par là que pour le grand public voir Casterman en bas d'un manga à la place de Kana c'est un peu comme acheter des Panzani et pas des Giovanni Rana : c'est pas meilleur, c'est pas moins cher, mais on est en terrain connu. Le manga donc a eu droit aux honneurs d'éditions de prestiges (avec Ikkyu chez Vent d'Ouest) ou la collection Découvertes de Casterman. Le manhwa, lui, vivote dans l'ombre du manga. Beaucoup de titres de qualités sont disponibles, mais ils le sont dans un format qui n'attire que l'oeil de l'amateur. En clair, il n'est pas mis en valeur comme le sont certaines oeuvres de manga. Il y a certes eu des choses comme Cours Bong-Gu qui ont eu droit à un traitement de faveur, mais jamais véritablement de reconnaissance du grand public, qui continue de mettre dans un même sac tout ce qui vient d'Asie. Certains éditeurs tentent de renverser la vapeur, en éditant comme c'est le cas ici des récits plus profonds que le simple équivalent du shônen. Mais ils seraient bien avisés de faire un transition un peu plus lente entre les séries d'aventures et ces séries à valeur de témoignage.

Vedette est une suite de nouvelles ordonnées suivant leur date de publication. Ce sont moins des nouvelles dans le sens que l'on connaît, celui d'une histoire courte suivie d'une chute, que des simples tranches de vie de la Corée de la fin du vingtième siècle. Des histoires sans aucun doute à moitié vraies, qui permettent de constater encore une fois le choc des cultures qu'a été la modernisation et l'ouverture au marché mondial de l'Asie. Malheureusement pour le lecteur, ces histoires restent désespérément dépourvues de contexte. Sans avoir jamais étudier l'histoire coréenne, il est bien difficile de remettre ces nouvelles dans un système de référence. Pour le lecteur lambda, ce volume se réduit donc à une suite d'histoires qu'il ne peut voir autrement que sous l'angle du divertissement. Et il est bien difficile de trouver Vedette divertissant.

La narration accuse son âge. On peut faire le même reproche à ce manhwa que celui que l'on pouvait déjà faire à Gen D'Hiroshima. Les dialogues semblent parachutés et l'enchaînement des cases est loin d'être fluide. D'une histoire à l'autre, les personnages se ressemblent beaucoup. Dans son mode de parution originel, cela n'est pas un défaut. Mais puisque ces nouvelles sont ici à la suite, cela induit chez le lecteur une certaine lassitude. Le ton général est très morne, puisque ce sont ici des drames qui sont racontés, et le dessin se fait l'écho de ce ton. L'ensemble n'atteint jamais des sommets. Si le contenu sociologique n'était pas aussi important, on pourrait qualifier ce manhwa de très médiocre. Mais nul doute que des personnes plus au fait de l'histoire asiatique pourront y trouver leur compte. Mais encore une fois, sans cela, ce manga est plus une épreuve qu'autre chose.


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