Un nouveau shônen star commence à faire son oeuvre parmi
les multitudes de mains qui voudraient s'en saisir. Et quelle heureuse
surprise de voir en si bonne forme la création de Yasuhiro Kano (
Pretty
Face) avec pour thème principal la magie. Voici un anti-héros pourvu
d'autres qualités que celles demandées et confronté à une école
d'apprentis magiciens pour un manga dynamique, souvent drôle et plutôt
bien mené par un mangaka en verve. Sans renouveler le genre du drama
school mais en y ajoutant une dose de piquant mélangeant action et
intrigue avec suffisamment d'atout pour être attractif,
M Zero se
présente comme un potentiel concurrent au royaume de
Naruto-like...
Six zéro

M Zero (c) Tonkam
Taiga Kuzumi, garçon ordinaire, a raté son examen d'entrée au lycée
privé Seinagi. Selon lui, la faute en revient à une fille, qu'il veut
revoir et se venger. Lorsqu'il se retrouve de nouveau devant l'enceinte
de l'établissement. Notre héros ignore cependant que cette école est
réservée aux élèves ayant des pouvoirs. Alors qu'il tente de
s'échapper, il fait exploser une canalisation de gaz de la salle de
science et dans le même temps met K.O le professeur Hiiragi. Tout le
monde est stupéfait car il tient dans la main une "magic plate or"
(carte de magie de haut niveau) et tous s'imaginent que Taiga est un
surdoué aux pouvoirs immenses. Face à un tel évènement la directrice
est dans l'obligation de convoquer le professeur Hiiragi et Taiga. Elle
ne veut pas que les autres personnes de l'établissement soient au
courant qu'un jeune homme ordinaire connaisse leur existence. Le
professeur et Taiga vont donc devoir coopérer...
M
Zero exploite les schéma classiques au genre, à savoir épreuves,
romance inavouée, quiproquo et secret accumulés. Mais on lui pardonnera
grâce à une bonne dose d'humour distillé avec plaisir et à bon escient
par un mangaka qui sait prendre le contre-pied des choix classiquement
usités par ses collègues. Cela étant surtout du à un héros contraint
d'assumer son statut de "nouvelle star" qu'il n'est pas envers et
contre tout. Taïga, jeune homme énergique, se retrouve piégé dans ce
lycée pour lequel il n'est pas taillé mais dans laquelle il détient une
popularité invraisemblable. Et tout ça sur un quiproquo. Un shônen
reste un shônen mais
M Zero nous fait rapidement oublier son postulat
de départ pour évoluer sur un rythme durablement élevé. Aucun
relâchement scénaristique notable n'est à déplorer car on évolue sur
une ligne droite agrémenté de quelques moments savoureux
(essentiellement des combats déséquilibrés). Les bonnes valeurs
classiques sont elles aussi à l'ordre du jour, rassurez-vous amateurs
du genre...
Magie blanche
Une
bonne tripotée de personnages pas toujours des plus intéressants à
mettre en scène compose
M Zero. Excepté son héros sur lequel tout
repose, on se retrouve avec un grand nombre de seconds couteaux tout à
fait ordinaires et peu à même d'explorer d'autres voies que la
principale. La romance tombe vite en désuétude vu le peu d'entrain que
le mangaka met à l'exploiter tandis que les adversaires ont bien du mal
à se révéler clairement. Le manga suit son cours, multipliant les
bonnes blagues autour d'un scénario globalement simple mais avec un
dynamisme percutant. En tout cas, suffisamment bon pour retenir
l'attention...
L'auteur de
Pretty Face
livre un bon manga dans lequel les scènes d'action sont superbement
mises en valeur, un découpage actif et un sens du détail. Cela
compensera le chara design sans saveur et un remplissage... euh quel
remplissage ? Les passages en SD sont nombreux et réussis amenant un
plus notable au côté comique assumé donné par l'auteur.
Au
final, un manga agréable mais qui possède le lot de lacunes propre au
genre. Pas de véritable surprise à la lecture mais une touche de
fraîcheur dans le paysage saturé du shônen manga...
Pour aller plus loin...
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